Football

Le mercato des entraîneurs a débuté

Thomas Tuchel officiellement annoncé au PSG, Lucien Favre très fortement pressenti au Borussia Dortmund, le recrutement des entraîneurs est devenu aussi, sinon plus, attrayant que celui des joueurs

Le football est entré dans la période que les fans aiment le plus (avec la Coupe du monde): la saison des transferts. Signe des temps: ce ne sont plus les joueurs qui font travailler l’imagination des supporters mais les entraîneurs. Peut-être parce que les plus grandes stars du jeu sont désormais inaccessibles, même en rêve, pour le commun des clubs. Impossible dans le football moderne de voir débarquer un Maradona à Naples, un Zico à Udine, un Johnny Rep à Bastia, un Stielike à Xamax.

En revanche, un Maurizio Sarri à Naples, un Lucien Favre à Nice, un Marcelo Bielsa à Lille, un Mauricio Pochettino à Southampton sont des (heureux) accidents toujours possibles, même si l’époque se trompe sans doute un peu lorsqu’elle fait reposer tout le poids de la réussite ou de l’échec du «projet de jeu» sur les épaules des hommes de banc. L’entraîneur est une boussole, pas un GPS. Mais une fois ceci gardé à l’esprit, il est permis de rêver.

Dans la carrière d’un entraîneur, ce moment où il est désiré, convoité, est assez rare. Il est plus fréquent qu’il saute en cours de saison. L’histoire d’amour d’un entraîneur avec un club finit mal, dans la plupart des cas. Le temps de panser son ego, de recharger les batteries, et avec la saison des amours la passion reprend le dessus.

Appel d’air vers le haut

Le mercato qui débute est particulièrement intéressant parce que quelques postes très prestigieux sont à pourvoir cette saison. Après le Bayern Munich, le PSG, Arsenal, le Borussia Dortmund et sans doute Chelsea font peau neuve. Au gré des nominations et du jeu des chaises musicales, cela pourrait également bouger à la Juventus, à l’AS Monaco, à l’Atlético Madrid. Il y a quelques années, les grands clubs s’étaient mis en tête de cultiver l’entre-soi et donnaient l’impression de fonctionner en vase clos. «Grand club cherche grand entraîneur. Pas célèbre s'abstenir», écrivions-nous en février 2016, au moment où Ancelotti s’apprêtait à succéder à Guardiola au Bayern et Mourinho à Van Gaal à Manchester United.

C’est désormais moins vrai. Certains entraîneurs semblent gentiment mis hors course (Pellegrini, Van Gaal, Hiddink, Heynckes, voire Mancini, qui va diriger l’équipe d’Italie) tandis que d’autres ont enfin brisé le plafond de verre qui leur interdisait jusqu’ici l’accès aux grands clubs. Dans cette seconde catégorie, deux noms émergent: Thomas Tuchel, qui vient d’être officiellement nommé entraîneur du PSG, et Lucien Favre, qui devrait être confirmé cette fin de semaine à Dortmund.

La direction qatarie du Paris Saint-Germain a mis fin lundi au faux suspense qui planait depuis plusieurs semaines. Comme attendu, c’est l’Allemand Thomas Tuchel (44 ans) qui succédera la saison prochaine à l’Espagnol Unai Emery. Entraîneur offensif parfois considéré comme un «génie tactique», Tuchel possède une très forte personnalité. Autoritaire, voire dictatorial selon certains, il aura la difficile mission de réveiller – mais sans les braquer – un vestiaire de stars. Dimanche, il s’est entretenu secrètement avec le Brésilien Neymar pour dessiner les contours de leur future collaboration.

La récompense pour «Lulu»

Tuchel a bâti sa réputation ces deux dernières saisons au Borussia Dortmund, qui s’apprête à nommer Lucien Favre. Des sources allemandes et françaises indiquent depuis plusieurs jours que le technicien de l’OGC Nice et le quatrième du dernier championnat d’Allemagne ont trouvé un accord. Nice devrait officialiser le départ du Vaudois après le dernier match de Ligue 1 ce week-end. De son côté, le Borussia a d’ores et déjà validé le départ de Peter Stöger. Lucien Favre va donc retrouver la Bundesliga après ses passages au Hertha Berlin (2007-2009) et au Borussia Mönchengladbach (2011-2015).

Cette fois, «Lulu» accède enfin au grand club auquel il prétendait, avec quelques arguments, depuis plusieurs années. A Nice, il aura réussi deux saisons très satisfaisantes, offert du beau jeu, lancé de nouveaux joueurs, surmonté une crise sportive à la fin de l’été et tiré le meilleur parti de Mario Balotelli. L’attaquant italien a réussi coup sur coup les deux meilleures saisons de sa carrière et offert à son entraîneur le certificat d’aptitude à la gestion de star qui lui manquait peut-être aux yeux de certains dirigeants.

Le très probable départ de Lucien Favre libère donc une place à l’OGC Nice, qui pourrait revenir à l’Argentin Eduardo Berizzo, un disciple de Marcelo Bielsa qui a fait des miracles avec le Celta Vigo et un peu moins avec le FC Séville. Le bal du mercato des entraîneurs ne fait que commencer et les supporters n’ont pas fini de rêver.

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