Messi, la malédiction argentine

Football Le Chili remporte à domicile et aux tirs au but (0-0, 4-1) sa première Copa America

Forcément, il devait y avoir d’un côté une première, de l’autre le prolongement d’une malédiction, et au milieu la Cordillère des Andes. L’alternative de la finale de la Copa America, disputée samedi à Santiago, était à double lecture: soit le Chili ajoutait enfin son nom au palmarès de l’épreuve sud-américaine par nations, soit Lionel Messi gagnait enfin quelque chose avec l’Argentine. Un maléfice devait se rompre, un autre devait perdurer.

Pour la plus grande joie de presque tout un stade (seul un petit carré derrière un but reste fermé pour rappeler le sort des opposants politiques détenus et torturés ici même en 1973), c’est le Chili qui l’a emporté au bout de la nuit – et aussi de l’ennui – sur un tir au but exécuté «à la Panenka» par Alexis Sanchez. Les Chiliens, plus entreprenants, méritent de ne plus figurer aux côtés du Venezuela et de l’Equateur comme les derniers à ne jamais avoir remporté ce titre. «C’est une sensation unique, nous ne sommes pas habitués à gagner», a souligné le gardien et capitaine Claudio Bravo.

Le Chili, qui alignait trois anciens joueurs du championnat suisse (l’ex-Bâlois Diaz, les ex-Servettiens Beausejour et Valdivia), a tenu le choc défensivement face à des Argentins au potentiel offensif impressionnant. Messi a été contrôlé, parfois avec la mansuétude de l’arbitre, et Di Maria est rapidement sorti sur blessure.

Inférieur à Maradona

La défaite de l’Argentine est d’abord celle de Leo Messi, général Alcazar de cette équipe incapable de concrétiser. Le génial joueur de Barcelone a été très discret lors de cette finale, comme il le fut il y a un an en finale de la Coupe du monde contre l’Allemagne. Cela tient à peu de chose (défaites aux tirs au but en Copa America 2011 contre l’Uruguay et 2015 contre le Chili, en prolongations en Coupe du monde 2014 contre l’Allemagne), mais le palmarès de Messi avec l’Argentine est toujours vierge.

Au pays des caudillos, des figuras (les vedettes) et des cabezones (les fortes têtes), le caractère introverti et mutique de la star lui interdit toujours d’être aimé à l’égal de Maradona. Messi, qui n’a jamais joué en club au pays, vient d’être classé par L’Equipe comme le troisième meilleur joueur du continent après Pelé et Maradona. Cela risque de durer encore un peu.