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Pour la première fois depuis 24 ans, l’équipe nationale de Grande-Bretagne s'est qualifiée pour les championnats du monde de hockey sur glace.
© IHUKMEDIA

Sports d’hiver

Messieurs les Anglais, skiez les premiers

Surprise: les Britanniques retrouveront l’élite mondiale du hockey sur glace l’an prochain. Comme en alpinisme, ils furent parmi les pionniers de la discipline en Europe mais peinent aujourd’hui à se hisser parmi les meilleurs

Les membres de l’équipe nationale de Grande-Bretagne ne participeront pas aux championnats du monde de hockey sur glace qui débutent ce vendredi à Copenhague, au Danemark. C’est pour eux une vieille habitude, qu’ils respecteront une dernière fois: grâce à une victoire arrachée contre la Hongrie ce week-end, ils ont terminé premiers du classement de la Division 1A (le deuxième niveau de compétition internationale) et décroché leur ticket pour le prochain bal des seize meilleures sélections, qui aura lieu en Slovaquie en 2019.

La Grande-Bretagne est loin d’être une nation de premier plan en hockey sur glace: elle n’a plus participé aux Mondiaux depuis 1994 – quand elle avait été reléguée après avoir encaissé 49 buts en six matches – et évoluait en troisième division il y a une année encore. Elle fut pourtant la première équipe championne d’Europe de l’histoire (en 1910 à Montreux, devant l’Allemagne, la Belgique et la Suisse). Au-delà des patinoires, cela décrit bien le rôle joué par les Britanniques dans les sports d’hiver: souvent fondateurs, toujours enthousiastes, rarement victorieux. Les Anglais tirent les premiers, mais d’autres apprennent à viser mieux.

Peu de médailles hivernales

A Saint-Moritz, où ils furent les premiers touristes à se laisser séduire par les plaisirs de la neige et de la glace, les Anglais ont inventé le skeleton puis le bobsleigh à la fin du XIXe siècle. Quelques décennies plus tôt, ils avaient commencé à voir dans les sommets escarpés un terrain de jeu fantastique pour donner naissance à l’alpinisme. Au fil du temps, la fascination pour l’exercice sur neige et glace a demeuré. En 2016, le Royaume-Uni comptait près de 6,5 millions de skieurs (le troisième contingent européen après l’Allemagne et la France). Les stations suisses en accueillent quelque 700 000 chaque hiver.

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Mais cette passion dévorante pour les sports d’hiver peine à se traduire en résultats au plus haut niveau. Aux seuls Jeux olympiques d’été de Rio en 2016, les athlètes britanniques ont décroché 67 médailles. Cela représente plus du double du total de la moisson réalisée aux joutes hivernales depuis 1924 (31). Rien de bien étonnant pour le skip de l’équipe de Suisse de curling aux derniers JO, Peter de Cruz, né à Londres et binational: «En Grande-Bretagne, la culture sportive est énorme. Mais si on trouve peu de Britanniques au plus haut niveau dans les sports d’hiver, c’est parce qu’il n’y a pas, sur place, les infrastructures nécessaires. Les montagnes anglaises, ce n’est pas vraiment la panacée…»

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Le skieur Daniel Yule, né à Martigny de parents britanniques, pense pareil. Médaillé d’or du team-event aux JO 2018, le slalomeur valaisan a remporté plusieurs titres de champion du Royaume-Uni chez les juniors mais a décliné les invitations de la fédération à s’aligner en compétition internationale sous l’Union Jack, s’estimant «pur produit» du ski suisse. «Il n’y a pas de miracle: en Suisse, en Autriche, en France, on commence le ski à 2 ou 3 ans. Les Anglais découvrent la neige en vacances à 6 ans. A domicile, ils n’ont pratiquement aucune possibilité de s’entraîner.»

Loin de leur île

Du reste, beaucoup d’athlètes britanniques performants dans les sports d’hiver témoignent d’une histoire personnelle singulière loin de leur île, marquée par une scolarité ou des études à l’étranger, des allers-retours réguliers dans un chalet familial dans les Alpes ou autre. Par exemple, Izzy Atkin, médaillée de bronze en slopestyle à Pyeongchang, est née et a grandi aux Etats-Unis, mais elle a délibérément choisi de défendre les couleurs de son pays d’origine.

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Les exceptions à la règle sont rares, mais elles existent. Dave Ryding, le meilleur skieur britannique actuel, a passé son enfance à s’entraîner à Pendle, dans le Lancashire, sur une piste dite «sèche» – faite de matériaux reproduisant les propriétés de la neige mais stable à température ambiante –, et n’a commencé à travailler ses courbes dans un environnement naturel qu’à l’âge de 12 ans, ce qui ne l’a pas empêché de s’installer durablement dans le Cirque blanc. En janvier dernier, à 31 ans, il a failli signer la première victoire britannique de l’histoire de la Coupe du monde lors du slalom de Kitzbühel, en Autriche.

En hockey sur glace, tous les joueurs de l’équipe nationale sont de purs produits de la formation locale, qui évoluent en Elite Ice Hockey League. Aux Mondiaux 2019, ils seront loin d’être favoris. Mais ça, ça ne bouleversera pas leurs habitudes.

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