Certains destins sportifs se sont construits dans des espaces restreints. A l'heure du confinement généralisé et des compétitions à l'arrêt, ils peuvent représenter une belle source d'inspiration

Il est chez lui, en France voisine, où le confinement est pour l'heure plus strict qu'en Suisse. En raison de la pandémie, son institut de massage et réflexologie, qu'il a ouvert il y a trente ans en face de l'aéroport de Genève, est fermé, tout comme l'hôtel qui l'abrite. Il juge bien sûr tout cela «embêtant» et se demande surtout «combien de temps cela va durer» mais il ne s'en fait pas plus que cela. «De toute façon, on est tous dans le même bateau, non?»

A 64 ans, Michel Giroud conserve de ses années de boxe (numéro un européen et sixième mondial en 1984) une ligne de poids welter (sa catégorie en fin de carrière), un équilibre, un aplomb, une capacité à rester calme dans la tempête et à encaisser les coups sans broncher. Il faut dire que, marqué par la vie bien plus que par ses adversaires, il en a vu d'autres et que le ring fut plutôt une échappatoire. Il y découvrit une discipline, un cadre. Et la corde à sauter. «Les boxeurs la pratiquent beaucoup parce que ça fait maigrir et que c'est un sport où l'on se pèse trois fois par jour. Mais c'est surtout un exercice très complet, bon pour le cœur, le souffle, les muscles, la tête.»