Le Temps: Cette victoire arrachée face à la Lettonie est-elle rassurante à vos yeux?

Michel Pont:Je n'irais pas jusqu'à employer le terme de rassurant, parce qu'il y a encore trop de déchet technique, parce que nous manquons d'assurance dans le jeu. Mais l'équipe a fait preuve de pugnacité et de persévérance pour gagner ce match. Cela nous apporte un surplus de confiance qui était déjà perceptible à l'entraînement ce dimanche.

- Que vous est-il passé par la tête juste après l'égalisation lettonne, alors qu'il restait une vingtaine de minutes à jouer?

- On prend ce but sur la seule occasion adverse et je me dis: «Ce coup-là, on est morts, tout se ligue contre nous.» Et puis il y a ce déclic, comme on en voit souvent en football. Blaise N'Kufo, responsable sur l'égalisation, nous met ce deuxième but venu de nulle part. Contrairement à ce qui s'était passé contre le Luxembourg, l'équipe a su provoquer la chance.

- Ce sera une tout autre paire de manches, mercredi à Athènes...

- La Grèce, en pleine confiance avec ses trois matches et neuf points, est un autre calibre, une constellation de gars qui se tapent la Ligue des champions année après année. Il faudra qu'on intègre le cercle des grands, là où nous ne sommes pas encore. Nous devons nous atteler à réaliser un exploit.

- Un exploit?

- Une victoire à Athènes, ce serait un grand exploit. Un match nul, un petit exploit. Ou alors on va peut-être perdre contre plus fort que nous, mais je peux vous garantir que l'équipe sera gonflée à bloc afin de réussir quelque chose de bien mercredi soir. Nous devons sauver les meubles en Grèce et ensuite, nous aurons cinq mois devant nous pour travailler, pour retrouver des blessés comme Müller, Margairaz ou Senderos, pour reconstruire une ossature.

- Avez-vous le sentiment d'être revenu en arrière, de connaître le même genre d'incertitudes qu'à vos débuts aux côtés de Köbi Kuhn?

- La situation n'est pas tout à fait comparable. Mais c'est vrai que jusqu'en 2006, nous avons presque tout le temps évolué avec les mêmes joueurs. Nous avions huit ou neuf cadres qui nous permettaient d'avoir une continuité dans nos performances. Là, il n'y a plus de noyau dur et il faut en recréer un. Depuis deux ans, les blessures nous ont empêché d'aligner une équipe type. Et puis il y a eu cette période de somnolence, avec que des matches amicaux. Samedi soir, on a retrouvé la détermination. Propos recueillis par S. M.