Il est apparu «au bord des larmes» pour certains observateurs, «soulagé» aux yeux d’un proche du club. A moins que ce ne soit l’émotion de son anniversaire… Seule certitude, Chris McSorley se souviendra de ses 55 ans, qui resteront comme le jour où il a cessé d’être l’entraîneur de Genève-Servette. La fin d’une carrière de 28 ans à la bande et d’un bail de seize saisons consécutives à Genève.

Chris McSorley reste cependant aux Vernets (tout comme ses adjoints, Louis Matte et Patrick Emond). Une conférence de presse tenue en fin de matinée (et annoncée deux heures plus tôt) a confirmé ce que beaucoup pressentaient et que la Tribune de Genève avait écrit mardi. L’emblématique McSorley a été «promu» manager général du club. Sa première tâche sera de proposer un nouvel entraîneur au Conseil d’administration où, aux côtés du président Hugh Quennec, le Canadien Mike Gillis s’impose désormais comme le nouvel homme fort de Genève-Servette.

Gillis bientôt actionnaire

Arrivé en juin 2016 comme consultant, cet autre Ontarien entre au conseil d’administration du club. Ancien joueur de NHL, Gillis a été président puis manager général des Canucks de Vancouver. Il sera le principal responsable de l’opérationnel, Hugh Quennec se concentrant sur «le développement des affaires». Il devrait également devenir prochainement actionnaire – pour une part «substantielle» selon une source interne – et acquérir une partie du capital actuellement détenu à 100% par Hugh Quennec.

La refonte de l’organigramme des «Grenat» promeut également Peter Gall, lui aussi Canadien, en charge du projet de la nouvelle patinoire. Un Genevois, l’avocat François Bellanger entre également au Conseil d’administration. «Une autre personnalité locale devrait bientôt nous rejoindre», promet Hugh Quennec.

Un budget de 15 millions

Visiblement, les remous suscités ces dernières semaines autour des rumeurs du licenciement de Chris McSorley ont ébranlé Hugh Quennec et Mike Gillis. Le duo a plusieurs fois souligné sa volonté de diriger le club avec «transparence», «honnêteté» et «professionnalisme». En gage de bonne foi, il a, chose rare, communiqué quelques chiffres. Ainsi le budget de la saison 2016/2017 était-il de 15,7 millions de francs. Trois à quatre millions au-dessus des estimations. «Cela dépend de la manière de compter», justifie l’impayable Hugh Quennec.

Après seize ans, l’arrivée d’un nouvel entraîneur est une bonne nouvelle pour Genève-Servette. Chris McSorley a réussi une promotion en LNA (2002), atteint deux fois la finale des play-off (2008 et 2010) et remporté deux fois la Coupe Spengler (2013 et 2014) mais la conquête du titre national lui restait aussi inaccessible que la maîtrise du français. «Soyons honnête, je n’étais plus assez bon pour le job, a-t-il reconnu. Et en sport, le statut quo, c’est la mort.» La conquête du titre national demeure l’objectif de tous.

Officiellement, McSorley se réjouit donc d’être déchargé de la gestion de l’équipe. «J’étais le dernier en Suisse à tenir ce double rôle de manager et d’entraîneur, qui était de plus en plus difficile à assumer. Ma véritable passion a toujours été de construire une équipe», affirme-t-il. Reste à savoir quelle marge de manoeuvre lui laisseront le chef du projet sportif Mike Gillis, le consultant Lorne Henning et le nouvel entraîneur.