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Milaim Rama jouant pour le FC Thoune en 2011.
© PETER KLAUNZER

Euro 2016

Milaim Rama restera le premier Albanais à avoir joué pour l’équipe de Suisse

En 2004, le buteur du FC Thoune devenait le premier footballeur d’origine albanaise à jouer pour la Suisse. Il participait même à l’Euro au Portugal. Rencontre avec une légende

Aujourd’hui, il y a six joueurs d’origine albanaise dans l’équipe nationale suisse. En 2004, Milaim Rama était le seul. Il reste le premier footballeur albanais à avoir joué pour la Suisse. Köbi Kuhn le sélectionnait même pour l’Euro au Portugal et lui offrait quelques minutes de jeu lors du dernier match contre la France.

Lire aussi: Comment les médias français racontent l’équipe de Suisse

Milaim Rama n’a connu que sept sélections, mais il n’a pas été oublié. Pour ses adieux le 23 mai 2012, un tour d’honneur, un bouquet de fleurs et quelques larmes célébraient ce héros local, qui a marqué 113 buts en 355 matchs pour le FC Thoune. Le 6 mai dernier, au stade de Baden, il participait à un match amical avec d’anciens joueurs de l’équipe de Suisse. A 40 ans, il est toujours souriant et discret, a toujours la forme et n’a pas pris un gramme.

Albinfo. ch: Cela fait quatre ans que vous n’êtes plus actif dans le football. Que devenez-vous?

Milaim Rama: D’abord, je dois dire que j’ai été déçu que le FC Thoune, pour lequel j’avais tout donné, n’ait pas pu trouver une solution pour m’engager au sein de ses structures. Treize ans d’identification avec ce club et 113 buts, ce n’est souvent que cela arrive. J’ai été engagé pour aider certaines équipes des ligues régionales, et je me suis orienté professionnellement comme agent d’assurances.

- Comment avez-vous accueilli l’intégration du Kosovo au sein de l’UEFA et de la FIFA?

- Comme la fin d’une longue attente et l’apogée de beaucoup d’espoirs. L’admission du Kosovo au sein de l’UEFA et de la FIFA est certainement un grand événement pour le football kosovar, lui permettant de sortir de son isolement. C’est une grande chance donnée aux jeunes joueurs. J’ai le souvenir, qui remonte à mon enfance, de ce que cela représentait de jouer dans l’isolement, sans espoir de faire un jour partie du football mondial. Je suis arrivé en Suisse à l’âge de 17 ans, en provenance d’un village du Kosovo.

- Tout le monde ne se réjouit pas cette admission. Certains pensent que cela va affaiblir l’équipe d’Albanie, et peut-être celle de Suisse…

- J’espère que dans un avenir proche nous trouverons une solution et que les deux équipes nationales, celle du Kosovo et celle de l’Albanie, fusionneront en une seule et même sélection. Cependant, je pense que cette admission est déjà une grande réussite en soi, et que tout comme l’Albanie est parvenue à se qualifier pour l’Euro 2016, le Kosovo est capable de décrocher son ticket pour la Coupe du Monde de 2018.

- Et pour les joueurs suisses qui pourraient choisir le Kosovo? La question fait polémique dans les médias suisses et albanais.

- Cela ne peut être que nocif à la veille de l’Euro, alors que les joueurs ont besoin de tranquillité et d’une concentration maximale sur le jeu. Je pense que certains médias se comportent de façon irresponsable et cela uniquement pour augmenter les ventes. Les joueurs devraient être libres de décider pour quelle équipe ils veulent jouer. Mais ils ne devraient pas oublier qu’ils sont devenus ce qu’ils sont aujourd’hui grâce au système et à la stimulation suisse.

- Comment aviez-vous été accueilli à l’époque en équipe de Suisse?

- Je me suis senti très bien en leur compagnie et j’ai été fier, comme je le suis encore aujourd’hui, d’avoir fait partie de cette équipe. Je me sens particulièrement honoré d’avoir été le premier Albanais en équipe de Suisse mais aussi le premier Albanais à jouer un Euro. Je me suis toujours bien senti au sein de la Nati. Personne, ni le staff, ni les joueurs, ne m’a jamais traité différemment des autres, ni quoi que ce soit qui m’aurait fait me sentir comme un étranger. Avec une partie d’entre eux j’ai encore des contacts et des liens d’amitié.

- Lorsque vous avez joué pour la Suisse, vous avait-on proposé de jouer pour l’équipe nationale albanaise?

- Vous parlez d’un temps où j’étais le seul Albanais et où il n’y avait que très peu de joueurs d’origine étrangère dans la «Nati». L’Albanie m’avait contacté une unique fois, mais il était tard. À cette époque, la Fédération albanaise n’avait pas non plus l’organisation et les ambitions d’aujourd’hui.

- Quel regard portez-vous sur ce que l’on pourrait appeler le «phénomène albanais» du football?

- Vous avez raison, nous assistons à une explosion sans précédent de talent albanais en Suisse et ailleurs. Cela s’explique par les dons de ces joueurs, mais aussi par le niveau avancé de la formation footballistique en Suisse. La Suisse a énormément investi dans la formation des jeunes footballeurs. Par son professionnalisme, elle est en mesure de fournir un flux de nouveaux joueurs non seulement pour le championnat suisse, mais également pour les championnats européens. Cependant, une caractéristique plus spécifique à la réussite des jeunes albanais est l’engagement de leurs parents, qui les poussent à jouer au football et les motivent, leur ouvrant ainsi la voie de la réussite.

Traduction: Vera Kika

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