Tennis

Pas de miracle en Alabama pour l'équipe de Suisse de Coupe Davis

Le double Bossel-Laaksonen cède en trois sets contre la paire américaine Sock-Johnson (7-6 6-3 7-6). Comme en simple, les Suisses ont fait bonne figure mais cela n’a pas suffi

Pour l’équipe de Suisse de Coupe Davis, l’histoire se répète. Pour la cinquième fois depuis son retour dans le groupe mondial en 2011, la formation helvétique est contrainte de disputer un barrage afin de se maintenir dans l’élite. En une seule occasion, la Suisse a passé le premier tour. C’était en 2014 et il y avait eu, on s’en souvient, une historique victoire finale à Lille au bout du parcours.

A Birmingham, les protégés de Severin Lüthi n’étaient de loin pas favoris face aux Etats-Unis. Sans ses figures de proue, la Suisse n’a pas la même allure qu’avec Stan Wawrinka et Roger Federer. Et là, étant donné les performances des deux meilleurs joueurs helvétiques à Melbourne, il n’était guère envisageable de voir le Vaudois et le Bâlois faire le déplacement en Alabama.

Les dates de la Coupe Davis étant ce qu’elles sont (trop proches des tournois du Grand Chelem), l’équipe de Suisse n’est pas la seule nation concernée par le problème de l’absence des éléments les plus forts. Ce week-end, un seul top ten était en lice en Coupe Davis, en l’occurrence Novak Djokovic, éliminé prématurément à l’Open d’Australie. Le classement moyen des joueurs engagés dans les simples ce week-end était 84e mondial. Les joueurs retenus par le capitaine Severin Lüthi sont classés bien au-delà: Henri Laksonen est 127e mondial, Marco Chiudinelli 146e.

Une bonne résistance

Sans les faveurs de la cote, les représentants helvétiques ont néanmoins crânement joué leur chance dans une ville qui était considérée comme la plus ségrégationniste des Etats-Unis dans les années 50 et au début des années 60. Ils ont cependant été confrontés durant tous les matchs à enjeu à un problème qu’ils n’ont pu résoudre et qui est un phénomène bien connu en tennis: l’incapacité rédhibitoire de se montrer efficace dans les moments clés d’un match.

Vendredi, dans les deux simples, Marco Chiudinelli et Henri Laaksonen ont évolué à un niveau bien supérieur à celui qu’ils avaient affiché il y a trois semaines lors des qualifications de l’Open d’Australie où ils avaient subi une élimination sans gloire dès le premier tour. Visiblement, le contexte particulier de la Coupe Davis leur donne des ailes et cela a été surtout le cas du second nommé, qui a passé tout près de forcer à disputer un cinquième set un adversaire, John Isner, à qui il rend plus de 100 places au classement mondial. Chiudinelli, lui aussi largement dépassé par Jack Sock dans la hiérarchie, a très bien tenu le coup dans les deux premières manches même s’il les a concédées et a été ensuite diminué par une blessure au genou gauche qui l’a empêché de menacer davantage son rival.

Occasions manquées en double

Les occasions manquées, c’est cependant surtout en double qu’on peut les regretter du côté helvétique. Samedi, la paire formée d’Adrien Bossel et d’Henri Laaksonen qui avait effectué des débuts victorieux en septembre dernier en Ouzbékistan a certes perdu en trois manches mais a longtemps fait jeu égal avec un duo américain Johnson/Sock médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Rio. Les Suisses n’ont pas su profiter de trois balles de set dans la troisième manche. Cela n’aurait peut-être pas modifié l’issue de la rencontre mais un peu plus d’opportunisme aurait pu provoquer davantage de crainte chez leurs adversaires et dans un stade assez bien garni pour un premier tour de Coupe Davis (5700 spectateurs).

Le 11 avril prochain, la Suisse saura quel pays elle affrontera et donc aussi le lieu où se disputera le barrage de maintien dans le groupe mondial programmé du 15 au 17 septembre.

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