Football

Mission accomplie pour l’équipe de Suisse

Les hommes de Vladimir Petkovic bouclent l’année avec quatre victoires en quatre parties en qualifications pour le Mondial 2018. Mais comme contre Andorre, ils ont peiné à classer l’affaire face aux Iles Féroé, dimanche à Lucerne

Le boulot est fait. L’équipe de Suisse de football a battu les Iles Féroé (2-0) dimanche à Lucerne. Elle termine l’année en tête de son groupe qualificatif pour le Mondial 2018. Quatre matches, quatre victoires, le bilan est inattaquable. «Franchement, je suis très heureux, glissait le gardien Yann Sommer à la fin d’une soirée assez tranquille pour lui. Nous avons désormais douze points. C’est très positif.»

«Il n’y a pas de match facile»

Mais à la franche excitation qui avait suivi les victoires contre le Portugal et la Hongrie a succédé un autre sentiment, moins agréable. L’équipe de Suisse a une nouvelle fois eu de la peine à enflammer la rencontre. Le mois dernier, elle avait frisé le code contre Andorre, manquant d’encaisser une égalisation dans les derniers instants d’une rencontre beaucoup plus difficile qu’elle n’aurait dû l’être. «Je n’arrête pas de le dire: il n’y a pas de match facile, soufflait Johan Djourou en zone mixte. Ce soir, comme contre Andorre, c’était important de gagner. Voilà, c’est fait. Nous avons eu de bonnes phases, d’autres plus délicates. Mais tant que nous prenons trois points, nous pouvons rester sereins, tranquilles.»

Entre la Nati et les Iles Féroé, pas de comparaison possible sur les plans techniques, tactiques, athlétiques. Pourtant, la Nati a échoué à l’épreuve de la démonstration de force que le Portugal avait réussie avec brio (6-0 le mois dernier). «Il faut quand même dire que ce soir, nous manquons un peu de réussite, relativisait le défenseur genevois. Il y a une barre transversale, un poteau… Les occasions sont là.»

Comme un verrou

Mais les 14 800 spectateurs d’une Swissporarena lucernoise à guichets fermés n’ont eu que deux occasions, une par mi-temps, d’agiter les petits drapeaux rouges à croix blanche qu’on leur avait distribués. Eren Derdiyok a permis de libérer la pression en ouvrant la marque à la 27e d’un bel enchaînement contrôle-frappe; Stephan Lichtsteiner a doublé la mise en fin de rencontre, de la tête, ponctuant d’un septième but sa 89e sélection en équipe nationale.

Le match avait commencé comme prévu, avec des visiteurs disposés de manière très prudente – un 4-1-4-1 pensé comme un verrou – et plus appliqués à gagner quelques précieuses secondes aussi souvent que possible qu’à presser l’équipe de Suisse. Très limitée dans sa capacité à créer du jeu, l’équipe des Iles Féroé s’est néanmoins aventurée quelques fois hors de son camp, obtenant le premier corner du match et sollicitant la vigilance de Yann Sommer à quelques (timides) reprises. «C’est le point négatif de la soirée, lançait le gardien. Nous avons concédé trop d’occasions. Il faudra corriger cela.»

De son côté, la Nati a déroulé tout un inventaire d’occasions de but en première période, de la belle combinaison sur balle arrêtée (9e, tête de Derdiyok sur service de Rodriguez) à l’action collective inspirée (11e, arrêt du gardien sur une frappe de Lichtsteiner) en passant par le bon vieux cafouillage (23e, Dzemaili puis Schär puis Djourou manquant de mettre la balle au fond). Il a manqué le petit truc jusqu’à ce que, sur un service inspiré de Valon Behrami, Eren Derdiyok ne débloque la situation, avec son onzième but en 56 sélections.

Derdiyok saisi sa chance

Sa titularisation était la petite surprise réservée par Vladimir Petkovic dans sa composition d’équipe. Il avait privilégié Haris Seferovic lors de tous les matches disputés depuis l’Euro et, en France, Derdiyok n’avait signé qu’une apparition, 50 minutes de jeu contre la Pologne. Les supporters se rappellent encore de son coup de tête qui aurait pu envoyer la Nati en quarts de finale… Mais, passé de Kasimpasa à Galatasaray durant l’intersaison, il continue d’être l’international suisse le plus prolifique en club cette saison (dix matches, cinq buts). Alors, contre les Iles Féroé, il a eu sa chance. Et sa prestation aura été l’une des meilleures côté suisse.

Il n’a pas fait tout juste. Sa tentative d’obtenir un penalty aurait notamment pu lui valoir un avertissement en première période. Mais il a surtout beaucoup pressé, touché énormément de ballons de la tête et créé plusieurs chances de but, pour l’essentiel avant la pause. Car la deuxième période aura été beaucoup plus ennuyeuse, sans grande intensité, à peine animée par les tentatives d’Admir Mehmedi (belle volée à la 58e, frappe sur le poteau à la 79e) ou la première entrée en jeu du jeune Edimilson Fernandes.

Faire la loi contre des adversaires modestes

Pour le reste? Un siège, oui, mais un siège peu convaincant. Le 2-0, signé de la tête du Lucernois Stephan Lichtsteiner, est tombé à point nommé pour réveiller l’assistance en fin de partie. Il donne au score une allure plus en phase avec la différence de niveau entre les deux formations, mais ne fera guère oublier la difficulté de la Suisse à lui donner un écho au tableau d’affichage.

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Pourtant, la première moitié de l’année 2017 de la Nati ressemblera beaucoup à cette partie. Il faudra faire la loi contre des adversaires modestes, qui entreront sur le terrain pour ne pas perdre (trop sévèrement). Sans droit à l’erreur. Or, puisque l’équipe de Suisse ne parvient pas à classer l’affaire plus franchement, le risque existe. «Nous l’avons encore vu ce soir, reconnaissait Johan Djourou. Ces équipes qui jouent bas, bien regroupées, peuvent nous surprendre. Nous devrons rester très concentrés.»

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