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Il n’y a pas que des vélos sur le Tour de France, mais aussi de nombreuses voitures.
© Tim de Waele / Getty Images

Cyclisme

La mobilité pas si douce d’un Tour de France à vélo

Mille cinq cents véhicules accompagnent le peloton et le tri des déchets, notamment celui des papiers, n’est pas généralisé pendant la Grande Boucle

Le Tour de France réunit 176 coureurs qui parcourent durant trois semaines 3000 kilomètres et promeuvent à leur façon la mobilité douce. Mais la course traîne derrière elle un autre chiffre: 1500 voitures, bus, camions et motos (pour les équipes, suiveurs, journalistes). La caravane publicitaire qui précède le peloton est forte de 160 véhicules chargés de distribuer durant le temps de l’épreuve 18 millions de goodies divers (madeleines, bonbons, mini-saucissons, stylos et autres) présentés sous forme de sachet. Les communes qui durant une journée ou une heure accueillent ou voient passer le Tour collectent en moyenne 20 tonnes de déchets au soir d’une étape.

La Grande Boucle serait-elle une vaste poubelle? Dès 2009, Génération écologie a dénoncé l’irresponsabilité des organisateurs d’une compétition dont l’empreinte écologique est gigantesque. Il faut ajouter aux déplacements des équipes et suiveurs ceux du public, estimé à 12 millions de personnes, le plus souvent à bord de véhicules motorisés.

Un ensemble de mesures mis en place

L’entreprise Amaury sport organisation (ASO), qui gère le Tour de France, argue qu’elle est «locataire et non propriétaire des endroits traversés et qu’elle met tout en place pour que les espaces soient aussi propres en partant qu’en arrivant». Un train de mesures a en effet été pris depuis une dizaine d’années. Elles visent autant les coureurs que les suiveurs ou les caravaniers.

En course, des zones de déchets ont été ouvertes après les zones de ravitaillement pour que les coureurs se débarrassent de leurs bidons et emballages. Les suiveurs doivent couper leur moteur s’ils s’arrêtent plus d’une minute et la vitesse autorisée a été plafonnée à 80 km/h. Les caravaniers doivent désormais adapter leur distribution de petits objets de promotion aux lieux traversés et ne pas les jeter à l’approche d’un ravin ou d’un cours d’eau.

Quand les journalistes sont partis, on voit chaque soir une montagne de papier. Ce gaspillage me fend le cœur.

Une collaboratrice d’ASO

Tout ce petit monde est invité par ailleurs à utiliser un kit sacs poubelles et les poubelles de tri mises à disposition sur l’ensemble des espaces, comme le village du Tour. Il reste que tous les sites sont loin d’en être dotés. Exemple avec les alentours de la salle de presse qui, chaque soir, accueille de 300 à 400 journalistes. Il est rare d’y trouver des sacs jaunes, verts ou bruns. Conséquence: certains soirs, les 2000 copies presse ne bénéficient d’aucun recyclage. Ces feuilles distribuées après chaque étape aux journalistes présents fournissent les classements de l’étape, du général, du maillot vert, du maillot blanc, du maillot du meilleur grimpeur, du meilleur jeune, etc.

Une collaboratrice d’ASO témoigne: «Quand les journalistes sont partis, on voit chaque soir une montagne de papier. Ce gaspillage me fend le cœur.» Pourquoi ne pas adresser ces classements par voie numérique? Réponse de Fabrice Tiano, responsable du service presse d’ASO: «Nous avons proposé de ne plus distribuer ces feuilles, mais les journalistes nous ont fait savoir qu’ils y tenaient…» La société Docapost, qui assure la reprographie du Tour de France, utilise au total 2,5 tonnes de papier et imprime en tout 298 000 copies. «En 2012, c’étaient 4,5 tonnes de papier. On a réduit, on travaille désormais avec du papier recyclé et nos machines fonctionnent avec de l’huile de colza», indique un responsable.

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