Décédé le 3 juin dernier à 74 ans, Mohamed Ali est-il vraiment mort? La question peut se poser, tant la légende de la boxe fait constamment l’actualité.

En cette dernière semaine d’octobre, un livre, Unfiltered, écrit avec l’aide de sa veuve, Lonnie Ali, est sorti aux Etats-Unis; une pièce de théâtre qui se joue actuellement, One Night in Miami, raconte la rencontre en 1964 à Tulsa de celui qui s’appelait encore Cassius Clay avec le chanteur Sam Cooke, le footballeur américain Jim Brown et Malcolm X; une sérigraphie de l’artiste LeRoy Neiman a été volée au Muhammad Ali Center de Louisville, Kentucky; des athlètes afro-américains ont continué de protester contre les violences policières et ont souvent fait référence au combat de l’ancien boxeur pour les droits civiques.

Au Gleason’s Gym, une soirée hommage à Ali

Ali est partout, vivant comme mort, et Jean-Claude Biver l’a parfaitement saisi. L’horloger vaudois, CEO de TAG Heuer, avait initié un partenariat commercial de cinq ans avec l’ancien boxeur six mois avant sa mort. Fallait-il annuler? Après réflexion, TAG Heuer a choisi de poursuivre et de lancer une série spéciale de montres «Tribute to Muhammad Ali». La marque, qui communique déjà sur l’image d’Ayrton Senna et de Steve McQueen, a organisé mardi 25 octobre une grande soirée hommage au Gleason’s Gym, où Ali s’entraînait.

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En présence de nombreux champions passés (Evander Holyfield, Roberto Duran, Julio Cesar Chavez) et présents (le footballeur Tom Brady, le hockeyeur Henrik Lundqvist), une vente aux enchères caritative, avec notamment une pièce commémorative unique TAG Heuer adjugée pour 88 000 dollars, a permis de récolter plus de 100 000 dollars pour le Muhammad Ali Center.

Source d’inspiration

Evander Holyfield, d’ordinaire taiseux, s’y montra intarissable. «A l’âge de 8 ans, j’ai voulu être comme Mohamed Ali», se rappelait l’ancien champion du monde des lourds, aujourd’hui âgé de 54 ans. «Ses funérailles ont plus ému l’Amérique que celles de n’importe quel président américain.» «C’était un homme bon», soulignait Earnie Shavers, qu’Ali avait pourtant tourné en bourrique lors de leur combat en 1977. «Mais avant cela, il m’avait beaucoup aidé en 1973 en me permettant de m’entraîner avec lui.»

Ali n’avait-il pas été dur et injuste avec Joe Frazier, qu’il avait fait passer pour «le bon nègre» à la solde des Blancs? «C’était excessif, mais il y avait une part de show. Ali aimait bien Joe, estime aujourd’hui Earnie Shavers. Mais Joe a mal réagi, il aurait dû laisser pisser.»

«Il a transcendé les races, les générations et les religions»

Même Tom Brady, quatre Super Bowls avec les New England Patriots, le considère «comme une source d’inspiration continuelle pour les sportifs de ma génération, alors que nous ne l’avons jamais vu boxer.» «Il a transcendé les races, les générations et les religions», résumait Jean-Claude Biver. «C’est ce que j’appelle «l’effet Ali», concluait sa veuve, Lonnie Ali: il a touché chaque personne qu’il a rencontrée parce qu’il pensait vraiment que chacun pouvait changer l’humanité.»