Football

Mönchengladbach, le plus suisse des clubs allemands

Pour se qualifier pour la phase de groupes de la Ligue des champions, Young Boys doit réaliser un exploit ce mercredi contre l’équipe du gardien de la Nati Yann Sommer et plusieurs compatriotes

Obtenir une qualification pour la phase de poules de la lucrative Ligue des champions s’apparenterait à un exploit pour Young Boys. Battue 3-1 à Berne la semaine dernière par le Borussia Mönchengladbach, l’équipe de la capitale devra marquer trois buts à l’extérieur pour pouvoir y croire, ce mercredi à 20h45. Même si elle vient d’en mettre plus de double contre Lausanne (7-2 samedi dernier), la tâche s’annonce plus périlleuse face au quatrième de la dernière saison de Bundesliga. En cas d’échec, seul le FC Bâle représentera la Super League dans la plus prestigieuse compétition européenne. Mais on y retrouvera aussi une équipe étrangère très helvétique.

Le Borussia Mönchengladbach entretient un rapport intime avec la Suisse. Le premier flirt remonte à une quinzaine d’années: le gardien Jörg Stiel avait défendu la cage du club de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie entre 2001 et 2004, pour ses dernières saisons professionnelles, «les plus belles», a-t-il souvent confié. Des années plus tard, le jour de la Saint-Valentin 2011, l’entraîneur Lucien Favre est nommé à la tête des Fohlen et c’est le début de la véritable idylle. Au Borussia-Park, le Vaudois décroche des résultats, des distinctions, et l’amour des fans. Ils vivent sa démission, en septembre 2015, comme une rupture abrupte et douloureuse, même si les performances n’étaient plus ce qu’elles avaient été en ce début de saison.

Les icônes sont parties

Le technicien suisse avait aussi enrôlé son compatriote Granit Xhaka en 2012. Plus gros transfert de l’histoire du club à son arrivée (8,5 millions d’euros depuis Bâle), il le sera aussi dans l’autre sens – et de manière autrement spectaculaire – à son départ (environ 40 millions d’euros vers Arsenal). Entretemps, il était devenu le capitaine et le maître à jouer des Fohlen; ce milieu de terrain élégant à qui Vladimir Petkovic a confié les clés du jeu de la Suisse à l’Euro, à qui Arsène Wenger a déroulé un pont d’or vers la Premier League.

Les icônes Favre et Xhaka ne sont plus là, mais le Borussia Mönchengladbach reste – après le FC Vaduz, club liechtensteinois qui évolue en Super League, et à égalité avec Hoffenheim – l’équipe étrangère où évoluent le plus de footballeurs professionnels suisses: ils sont quatre, un par ligne. Au but: le gardien de l’équipe nationale Yann Sommer. En défense: le jeune Nico Elvedi, qui était aussi à l’Euro mais n’a pas joué. Au milieu: le prometteur Djibril Sow (19 ans), dans le giron des sélections espoirs depuis la catégorie M16. En attaque: Josip Drmic (25 sélections avec la Nati A), qui revient tranquillement de blessure. Seuls les deux premiers ont évolué mardi dernier contre Young Boys, mais les faits sont là: le Borussia Mönchengladbach est sensible à la qualité de la formation helvétique.

Un fan-club outre-Sarine

Le club ne se prive pas d’entretenir sa proximité avec la Suisse. Après les Pays-Bas, dont la frontière est à 30 kilomètres de la ville, les dirigeants estiment que c’est en Suisse que les Fohlen comptent le plus de supporters étrangers, malgré quelque 500 kilomètres de distance jusqu’à Bâle. Il y a même un fan-club outre-Sarine, fondé en 1993. «Nous avons vu ces dernières années un intérêt sans cesse croissant de la Suisse pour le Borussia, relevait le manager Stephan Schippers en mai dernier. Nous voulons répondre à leur demande.»

Sitôt leur championnat terminé, les Allemands étaient à ce moment venus en Suisse à la rencontre de leurs sympathisants. Au programme: visites, matches amicaux et conférence de presse. Au Musée de la FIFA, à Zurich, le club avait mis ses joueurs suisses à la disposition des médias. Tout ce que le pays compte de journalistes spécialistes du ballon rond était là, ou presque. Dans l’enchaînement, au même endroit, Vladimir Petkovic avait saisi l’occasion pour dévoiler sa présélection en vue de l’Euro. Entre la Suisse du football et le club allemand, les intérêts coïncidaient parfaitement. Ce sera moins le cas ce mercredi, du point de vue des Young Boys en tous les cas.

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