L’Espagne et le Portugal ont intégré l’Ukraine à leur candidature commune pour l’organisation du Mondial 2030 de football, ont annoncé mercredi les présidents des trois fédérations lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’UEFA à Nyon (VD).

«Le projet se veut être source d’inspiration pour la société au travers du football, en lançant un message de solidarité et d’espoir», a précisé la fédération espagnole (RFEF) dans un communiqué. Cette inclusion a reçu «le soutien d’Aleksander Ceferin», président de l’UEFA, précise le communiqué espagnol.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué un «symbole de victoire». Cette candidature, a-t-il écrit sur Twitter, «est plus qu’un symbole de la foi dans notre victoire commune». «L’Ukraine perdurera, prévaudra et sera reconstruite grâce à la solidarité de ses partenaires», a-t-il ajouté.

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Termes à discuter «en temps voulu»

«L’exemple de ténacité et de résilience dont fait preuve le peuple ukrainien est une source d’inspiration», a ajouté la fédération portugaise (FPF) dans son communiqué. Selon la FPF, «les termes de l’adhésion de l’Ukraine à cette candidature seront discutés et définis en temps voulu».

«Le siège institutionnel est à Madrid, le siège administratif à Lisbonne. Maintenant, la délégation ukrainienne va s’unir à nous. Il s’agit d’un premier temps, où l’on dévoile cette candidature européenne commune. Dans les prochains mois, on en viendra au travail de terrain. Pour l’instant, il faut se réjouir de cette nouvelle», a déclaré le président de la RFEF Luis Rubiales, en conférence de presse.

Cette possible coorganisation par trois pays non limitrophes pose nombre de questions pratiques, de la préparation des infrastructures aux déplacements des joueurs, médias et supporters, illustrées à l’été 2021 par la tenue de l’Euro-2020 dans onze villes-hôtes à travers tout le continent.

Mais alors que l’Ukraine est plongée dans la guerre depuis l’invasion russe en février, l’heure n’est pas encore aux détails, mais à miser sur «le pouvoir transformateur du football dans la société», a plaidé Luis Rubiales.

Une candidature sud-américaine

Face à ce ticket ibérique et avant une décision de la Fifa attendue en 2024, Uruguay, Argentine, Chili et Paraguay représentent néanmoins une forte opposition, avec la perspective de ramener la Coupe du monde dans l’Amérique du Sud qui l’a vue naître, et vibre pour le football plus que pour aucun sport. Un troisième dossier, aux chances bien plus hypothétiques, pourrait s’inviter dans la compétition depuis que l’Egypte a annoncé le 9 septembre être en consultations avec l’Arabie saoudite et la Grèce.

Mais dans l’intervalle, l’affrontement des deux candidatures officielles prend désormais une nouvelle dimension, surtout dans un monde sportif qui a réagi au conflit en Ukraine en bannissant les Russes de la plupart des compétitions internationales en l’espace de quelques jours.