Football

Au Mondial féminin, la classe américaine

Carli Lloyd et ses coéquipières ont facilement dominé le Chili dimanche en fin d’après-midi (3-0) après avoir étrillé la Thaïlande lors de leur premier match (13-0). Elles sont bien décidées à montrer qui sont les patronnes

Température douce et soleil d’été à Paris, tempête de buts au Parc des Princes. Dimanche, l’équipe féminine du Chili n’a pas fait le poids contre celle des Etats-Unis, qui s’est imposée 3-0 après avoir déjà remporté son premier match 13-0 contre la Thaïlande quelques jours plus tôt. Elle est d’ores et déjà assurée d’atteindre les huitièmes de finale de la Coupe du monde, avant même d’affronter la Suède jeudi.

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Toutes les équipes ont disputé deux de leurs trois rencontres du premier tour et, jusque-là, les favorites tiennent leur rang. L’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas, le Canada et la Suède ont déjà oblitéré leur billet pour la seconde phase. Il faudrait un séisme pour que la France (qui affronte le Nigeria ce lundi) ne les imite pas. Mais aucune formation n’a fait aussi forte impression à ce stade que celle des Etats-Unis.

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La supériorité des Américaines sur des Thaïlandaises dépassées était telle que certains ont vu dans la correction infligée – inédite en Coupe du monde – la marque d’une certaine arrogance (#UglyAmericans sur Twitter). Les mêmes considéreront peut-être qu’en procédant à huit changements dans son «onze» de base par rapport au premier match, la sélectionneuse Jill Ellis a abordé la rencontre contre le Chili avec suffisance.

Un échec à laver

C’est en réalité tout l’inverse. En multipliant les buts même contre des adversaires plus faibles, ses joueuses démontrent le sérieux sans faille avec lequel elles abordent leurs parties. En faisant tourner l’effectif, la coach entretient la concurrence et prépare le plus de filles possible à jouer un rôle plus tard, quand cela comptera vraiment et que l’opposition sera plus coriace.

Les Américaines sont en France dans l’unique but de remporter la Coupe du monde une quatrième fois en huit éditions (après 1991, 1999 et 2015). Cela leur permettrait de devenir la seconde équipe à conserver le trophée après l’Allemagne (victoires en 2003 et 2007), ainsi que d’effacer l’échec des Jeux olympiques 2016, où elles avaient été éliminées dès les quarts de finale.

C’est à ce même stade de la compétition qu’elles pourraient cet été trouver sur leur route des Bleues déterminées à faire fort à domicile. D’ici-là, le plan est simple: engranger un maximum de confiance, dans un maximum de situations. Un festival de buts comme contre la Thaïlande? Jill Ellis prend volontiers, ainsi qu’elle l’expliquait cette semaine: «C’est en trouvant rapidement de bonnes sensations que nous serons capables d’aller loin dans le tournoi.»

Le danger, partout

Comme l’ont démontré les deux premières rencontres, l’atout numéro 1 des Etats-Unis réside dans leur force de frappe offensive. Il y a bien sûr Alex Morgan (cinq buts déjà), mais elle est loin d’être la seule. Ni elle, ni Tobin Heath, ni Megan Rapinoe – qui composaient le trident offensif de l’équipe lors du premier match – n’ont joué contre le Chili. Cela n’a pas empêché leurs remplaçantes de classer l’affaire dès la première mi-temps, avec un doublé de Carli Lloyd et un but de Julie Ertz. Le score ne s’est pas envolé car la gardienne Christiane Endler a réalisé quelques prouesses, mais le danger n’a jamais cessé de planer (68% de possession de balle, 25 tirs dont 9 cadrés).

Affronter les Etats-Unis s’annonce comme un casse-tête pour toutes les équipes, car Jill Ellis peut donner un visage très différent à sa formation en fonction des joueuses qu’elle aligne, et les automatismes semblent au point dans tous les cas de figure. «C’est le résultat de notre travail: cette équipe se prépare à l’événement depuis deux ans et demi», soulignait samedi la sélectionneuse. Plus que jamais, la formation numéro 1 au classement FIFA a de quoi faire peur.

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