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Roger Federer lors de son match contre Dusan Lajovic, au premier tour de Wimbledon, lundi 2 juillet 2018.
© Visionhaux/Corbis via Getty Images ©

Tennis

Mondial ou pas, voici Federer et Wimbledon

Roger Federer a réussi un premier tour très convaincant face au Serbe Dusan Lajovic (6-1 6-3 6-4). Le voici lancé dans son tournoi préféré où il arbore de nouvelles couleurs

«Que pèsent 21 coupes du monde face à 150 ans d'histoire? Vu de Wimbledon, pas grand chose. En tout cas pas assez pour remettre en cause un siècle et demi de traditions, de coutumes et d'habitudes. La finale du simple messieurs est prévue le dimanche 15 juillet, 2PM (15h en  Suisse) et ce n'est pas la concurrence horaire (17h) d'une autre finale d'un autre tournoi sur une autre pelouse quelque part en Russie qui y changera quelque chose. «Nous avons toujours fait ainsi», balaient les organisateurs de The Chiampionships («Les Championnats», sans plus de précision).

Dès les premières balles, au matin du premier jour, c'est comme si rien n'avait changé à Church Road. Ni les tenues, ni le personnel (exactement les mêmes bénévoles affectés aux mêmes postes), ni la composition des massifs floraux, ni cette ambiance unique de garden party dans la campagne anglaise. Bienvenue au mondial du pétunia, aux championnats de la pelouse manucurée, à la coupe du monde du blanc.

Un remake de Suisse-Serbie

Autre tradition immuable: le tenant du titre ouvre les feux à 13h sur le Centre Court. De 2004 à 2013, l'honneur échut souvent à Roger Federer, qui transforma un temps ce cérémonial en un défilé de mode (couleur crème, veste de blazer ou pantalon long) que le recul du temps juge assez durement. Vainqueur l'an dernier d'un huitième titre après cinq ans de disette, le Bâlois était de retour dans son jardin préféré lundi pour y affronter Dusan Lajovic, dans un remake de Suisse-Serbie mais, promis, on ne parle ici pas de football.

Pas de surprise sur le court mais sensation à l'entrée des deux joueurs: Federer arbore un carré rouge sur le cœur. Après vingt ans de fidélité à Nike, le voici lié au japonais Uniqlo. Comme soupçonné depuis quelques semaines, le Bâlois n'a pas reconduit le contrat s'achevant avec l'équipementier américain. Ses entraînements en tenue neutre et sa conférence de presse dimanche en costume civil annonçaient ce qui s'apparente à un séisme dans le monde du marketing sportif.

Le jeu des sept erreurs

Impossible, durant les premiers échanges, de ne pas jouer au jeu des sept erreurs. Uniqlo ne fabriquant pas de chaussures, Federer est toujours chaussé par la déesse ailée. Le célèbre bandeau n'est griffé d'aucune virgule, le sigle «RF» (une sous-marque développée au sein de Nike, dont il faudra définir la propriété) a disparu du sac. Le talent, lui, n'a pas disparu de la raquette. Federer déroule, prend le service de son adversaire tôt dans chaque manche et s'impose sans forcer 6-1 6-3 6-4 en 1h19.

Le Centre Court a ceci de particulier qu'il est interdit de s'y entraîner. Même si Roger Federer est le joueur qui y a disputé le plus de parties, il a besoin, de son propre aveu, «de cinq à six jeux» pour trouver ses marques. C'est peut-être le seul moment où il est prenable. Lundi, ce segment d'incertitude se limita à deux jeux. Puis Federer fit évoluer le score de 1-1 à 6-1 3-0. «J'étais un peu crispé, dira-t-il, mais ça n'a pas duré plus de cinq minutes. Il faisait grand beau, le terrain était parfait, un peu dur, ce qui rendait possible les «kicks» et pas seulement le slice. J'ai vite construit les schémas de jeu qui convenaient, j'ai bien bougé, bien servi. Sur une surface aussi rapide que ce gazon-là, les bons serveurs deviennent difficiles à breaker.»

«Un boost» bienvenu

Le Bâlois avoua également avoir puisé dans sa nouvelle tenue une source supplémentaire de motivation. Qu'un sponsor investisse sur un joueur de bientôt 37 ans est pour lui «un boost». «J'y ai trouvé de l'énergie. C'était aussi la fin d'une période de trois mois un peu bizarre.»

Bien lancé dans son tournoi, Roger Federer peut désormais préparer sereinement le match... Suisse-Suède. «J'avais prévu une matinée tranquille [c'est un gros dormeur] et un entraînement l'après-midi mais la Suisse joue à 15h [16h en Suisse], alors je me lèverai un peu plus tôt pour avoir fini à temps.» Difficile d'échapper complètement au football et à la Coupe du monde, même à Wimbledon.

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