L’évidence est topographique. Impossible d’aller plus haut, désormais le paysage s’étend à 360 degrés. Le sommet du Mont-Blanc est une large rampe de neige poinçonnée par des centaines de pointes de crampons. A 4810 mètres, on se serre dans les bras, on s’embrasse et on contemple la terre en contrebas.

Là, le lac Léman est un aplat gris qui s’étend derrière les falaises calcaires de la Haute-Savoie. Les Cornettes de Bise, les Fiz et les Dents-du-Midi ont veillé durant toute la montée sur les grimpeurs. Ah, et plus loin là-bas, à l’est, c’est le Weisshorn. Ce triangle penché vers le sud est trop noir pour porter un nom pareil. Et le Cervin? Il est dissimulé dans les nuages. Mais on voit la Dent-Blanche. Sa face nord forme une tache discrète et obscure dans le paysage. Elles sont toutes présentes, ces montagnes familières. Et plonger son regard dans leur enchevêtrement fait planer les esprits engourdis par l’altitude.