Rafael Nadal et Novak Djokovic ont disputé l’Open d’Australie blessés. Le premier avait mal au dos. Le second souffrait d’une déchirure abdominale. Mais l’Espagnol de 34 ans a atteint les quarts de finale du tournoi, et le Serbe de 33 ans l’a remporté. Alors quand, l’un après l’autre, ils annoncent en ouverture du Masters 1000 de Monte-Carlo qu’ils se sentent en pleine forme, la concurrence a de quoi s’inquiéter. Le début de la saison de terre battue marque le retour des épouvantails.

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«Je suis en confiance, a prévenu Rafael Nadal. C’est une partie de la saison importante pour moi qui débute. Je pense que j’ai bien travaillé pour être prêt. Je suis content de la façon dont je joue et mon corps va bien actuellement.» L’air enjoué et détendu du Majorquin en principauté contraste avec les traits tirés sous lesquels il avait fait ses dernières apparitions à Melbourne en février. Il n’a plus disputé de compétition depuis.

Novak Djokovic non plus. Et il a faim. «Mentalement, le tennis m’a manqué ces deux derniers mois. Alors j’ai hâte de jouer mon premier match», a-t-il affirmé, se déclarant en outre «physiquement prêt» pour un tournoi qu’il a déjà remporté deux fois, en 2013 et en 2015.

En quête de records

Mais la terre battue, bien sûr, demeure le territoire de son rival, qui y entame une campagne décisive. En juin, il visera un 14e titre à Roland-Garros qui ferait de lui le seul détenteur du record de trophées majeurs (21). En attendant, les prochaines semaines s’enchaîneront avec des tournois qu’il apprécie particulièrement. Il a gagné 11 fois à Monte-Carlo, 11 fois à Barcelone, cinq fois à Madrid et neuf fois à Rome – dans chaque cas un record. Du coup, insiste-t-il, l’important pour lui est de ne pas se blesser. «Si j’y parviens au cours du mois et demi qui vient, je pense que j’ai des chances de jouer à haut niveau.»

S’il devait affronter Novak Djokovic, ce serait en finale. En revanche, il ne croisera pas Roger Federer, qui a préféré différer son retour mais est attendu au Masters 1000 de Madrid, ni Dominic Thiem (double finaliste à Roland-Garros), également absent.

Dans ces conditions, qui pour inquiéter les deux épouvantails? Daniil Medvedev, numéro 2 mondial, ne s’est jamais montré particulièrement coriace sur terre battue. Alors peut-être faut-il chercher du côté de Stefanos Tsitsipas, Alexander Zverev ou encore Felix Auger-Aliassime. Tiens: le Canadien de 20 ans vient d’intégrer à son staff un certain Toni Nadal, oncle de qui vous savez. Méfiance, méfiance.