Euro 2016

A Montpellier, le match (amical) Suisse-Italie

Grâce aux deux sélections, qui l’ont choisie pour établir leur camp de base, la capitale héraultaise participe à l’Euro à sa manière. Reportage d’un bout à l’autre de la ligne de tram numéro 1

C’est le grand jour. Ce vendredi 10 juin, à 21 heures, la rencontre France-Roumanie donnera le coup d’envoi tant attendu de l’Euro. Elle se déroulera au Stade de France, à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne. Les cinquante autres parties de la compétition seront disputées dans un total de dix villes différentes. Montpellier n’en fait pas partie. Pourtant, un match (amical) s’y déroule entre la Suisse et l’Italie.

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Les deux équipes ont choisi la capitale héraultaise pour établir leur camp de base, parmi les 67 options proposées par l’UEFA aux 24 sélections qualifiées. Il y en avait dans tout le pays, même en Corse. L’équipe de Suisse s’est très tôt déterminée pour le pack Vichy Spa Hôtel, situé sur le territoire de la commune de Juvignac, et stade de la Mosson. L’équipe d’Italie, elle, a attendu le mois de février pour annoncer qu’elle logerait au Courtyard Marriott et s’entraînerait au complexe sportif de Grammont.

Reliés par un tram

Le choix n’a rien d’anodin: les équipes peuvent être amenées à vivre sur leur camp de base jusqu’à un mois complet. Autant s’y sentir bien et avoir de bonnes conditions de travail. Cette semaine, staff et joueurs de l’équipe de Suisse n’ont jamais cessé de chanter les louanges des infrastructures à leur disposition. Et tant pis s’il faut monter dans le nord de la France pour chaque match du premier tour. «Il vaut mieux, d’un point de vue médico-sportif, s’entraîner au chaud et jouer par des températures plus fraîches plutôt que l’inverse», a assuré le secrétaire général de l’Association suisse de football Alex Miescher.

En dépit du fait que la Nati a investi l’enceinte où le Montpellier Hérault SC joue ses matches à domicile et que la Squadra Azzurra utilise son centre d’entraînement, les deux sélections ne vont pas nécessairement se croiser. Les deux camps de base sont situés de part et d’autre de la ville, aux deux extrémités de la ligne de tram numéro 1. Entre les deux, arrêt Comédie par exemple, le centre-ville a été pavoisé aux couleurs des deux nations en signe de bienvenue. «C’est un grand honneur pour Montpellier d’accueillir ces deux équipes nationales», expliquait lundi le maire Philippe Saurel en marge du premier entraînement de l’équipe de Suisse.

Rien de très spectaculaire

Pour y assister, il fallait gagner l’arrêt Stade de la Mosson, à l’ouest, et marcher une dizaine de minutes pour rejoindre l’enceinte. Au programme de l’équipe de Suisse, quelques heures à peine après son arrivée en France, un gros décrassage – stretching, courses, quelques phases de jeu simples. Rien de très spectaculaire, mais assez pour confirmer la cote de popularité de Xherdan Shaqiri, la star de l’équipe. Par une agréable fin d’après-midi, quelques centaines de personnes étaient au rendez-vous de ce premier – et seul – entraînement ouvert au public programmé pour l’instant. Davantage de curieux – gosses enthousiastes et ados footeux nonchalants – que de vrais fans; un journaliste français en a compté une quinzaine arborant drapeau ou maillot. C’était déjà mieux qu’à l’aéroport, où seul un étudiant suisse basé à Montpellier attendait la Nati.

Mercredi soir, ils étaient une quarantaine à attendre l’avion de l’équipe d’Italie. Les hommes d’Antonio Conte ont patienté jusqu’au lendemain matin pour sortir se dégourdir les jambes. Il fallait cette fois descendre arrêt Odysseum (du nom d’un centre commercial), tout à l’est. Sous le soleil du Sud, qui n’attend pas midi pour taper fort, il y avait cette fois de nombreux maillots et même des écharpes (mais aucun risque d’attraper froid). «Nous avons reçu beaucoup plus de demandes d’information autour de l’équipe d’Italie, confiait Dominique Mercadier, journaliste à Midi Libre. C’est sûrement lié à son prestige, qui reste supérieur à celui de l’équipe de Suisse.»

And the winner is…

Compte-rendu du match: au niveau des installations, tout le monde est content, Suisse 1, Italie 1; pour ce qui est de la visibilité offerte en ville, parité totale, Suisse 2, Italie 2; mais la cote de popularité de la Squadra Azzurra est incontestablement un peu plus haute, Suisse 2, Italie 3. Une défaite honorable pour la Nati, qui sera bien vite digérée si elle réussit son Euro. Et de toute façon, le grand vainqueur de ce match amical à Montpellier, c’est… Montpellier.

Grâce à la Suisse et à l’Italie, la capitale héraultaise participe à sa manière à l’Euro 2016. Sur notre ligne de tram, l’arrêt Mondial 98 rappelle qu’elle avait accueilli des matches à l’époque. Mais cette fois, la candidature du stade de la Mosson n’a pas été retenue. Certaines voix ont reproché aux autorités de l’époque d’avoir présenté un dossier bâclé, par crainte des coûts à engager pour mettre l’enceinte aux normes. Maire depuis deux ans, Philippe Saurel ne cache pas qu’il aurait aimé être l’une des villes-hôtes. «Je considère que le sport fait beaucoup pour l’image de notre ville, explique-t-il. J’essaie toujours d’attirer de grandes compétitions. Là, on vient de se porter candidat pour la Fed Cup.» Avec 22 équipes en première division, Montpellier se targue d’être la deuxième ville la plus sportive de France après Paris, alors qu’elle n’est que la septième en nombre d’habitants.

Pour l’Euro, il ne fait guère de doute que les près de 280 000 Montpelliérains supporteront les Bleus. «Mais si la France est éliminée, je serai derrière la Suisse et l’Italie», promet, charmeur, Monsieur le maire.

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