Lausanne, ses multiples institutions liées au sport qui y sont installées et les personnes qui y travaillent, ont appris avec peine le décès, dimanche, de François Carrard, à l’âge de 83 ans. Avocat spécialisé dans le droit du sport, Me Carrard a surtout été connu comme directeur général du Comité international olympique (CIO), poste qu’il occupa de 1989 à 2003. Avant cela, il fut le conseiller et l’homme de confiance de l’ancien président du CIO Juan Antonio Samaranch.

Plus généralement, François Carrard incarna à merveille un savoir-faire typiquement suisse – mélangeant une solide formation juridique, un sens inné de la diplomatie et une efficacité discrète – très précieux à une époque où la gouvernance internationale du sport sortait de l’ère du «club de vieux gentlemen» pour se structurer et se professionnaliser.

Surnommé «le pape du droit du sport» par le journal Le Monde, il y expliquait en juin 2020 les conditions de la création du Tribunal arbitral du sport (TAS) un quart de siècle plus tôt. «Les organisations sportives étaient très autonomes, sans véritable contentieux juridique. Quand est apparu un besoin de contestation, on a voulu éviter que des histoires sportives encombrent les tribunaux ordinaires: il fallait que les gens qui comprennent les enjeux du sport puissent régler ces affaires. J’ai eu l’idée de l’arbitrage.»