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L’équipe de Russie célèbre sa victoire face à l’Espagne dans le stade Loujniki, à Moscou, ce dimanche 1er juillet.
© Sefa Karacan/Anadolu Agency/Getty Images

 Coupe du monde 2018

A Moscou, ferveur et stupeur dans le stade Loujniki

L’équipe russe a réussi l’exploit, en résistant aux assauts de l’Espagne pendant 120 minutes (1-1) pour s’imposer 4-3 aux tirs au but. Impressions depuis les tribunes

Dans le métro de la ligne rouge menant vers le stade Loujniki, l’ambiance est bon enfant. Ce sont surtout les supporters espagnols, très confiants, qui manifestent leur exubérance. «Que viva España!» entonne un groupe d’hommes en rouge et jaune, sous l’œil bienveillant des passagers, majoritairement russes, du wagon bondé. Ils dansent et lancent des clins d’œil à un groupe de demoiselles portant le maillot brésilien, mais avec le drapeau tricolore russe crayonné sur les joues.

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Le visage recouvert des couleurs russes, vêtus du maillot de leur équipe nationale, les Kouznetsov observent la scène avec un sourire un peu tendu. Ils viennent de moins loin: ils arrivent de Klin, une petite ville à 80 kilomètres au nord de Moscou. Le couple, accompagné de leur fils de 12 ans, balance entre l’excitation d’assister à un événement historique et la crainte de voir la Russie écrasée par une Espagne grande favorite. Ils ont acheté les billets les moins chers, 7000 roubles l’unité (111 francs) et vont regarder le match tout en haut des gradins du gigantesque stade Loujniki, qui compte 80 000 places.

Les rues vides de Moscou

Timofeï est tout fier d’être le seul de sa classe à pouvoir se rendre à un match de la Coupe du monde. Il rêve aussi que ses camarades le voient apparaître à la télévision. Sa mère Svetlana veut y croire: «Nous avons très bien joué jusqu’ici, on peut les battre, ces Espagnols!» Son époux Viktor ronchonne devant la pluie fine qui commence à tomber avant le début de la partie.

Toujours avec ses lunettes roses, Svetlana s’exclame «C’est bon pour nous! Nos garçons sont imperméables à toutes les intempéries, ce sont des Russes! Ce sont les Espagnols qui vont souffrir…» La remarque fait sourire son mari, qui croit à une victoire nette de l’Espagne. La suite donnera cependant raison à Svetlana.

Dans les rues de Moscou, la circulation, encore très dense jusqu’à une heure avant le match, s’était évaporée à 17h, heure locale du début du match. De toute évidence, la ferveur est quasi unanime. Un coup d’œil sur la carte de la circulation en temps réel montre que toutes les voies de circulation sont en vert, ce qui n’arrive rigoureusement jamais dans cette capitale perpétuellement congestionnée, même à 4h du matin.

«Ça va mal finir!»

Dans le stade, l’atmosphère est électrique avant même le coup d’envoi. Dès le premier coup de sifflet, les occupants des tribunes penchent de manière écrasante en faveur du pays hôte. Svetlana veut savoir si le président Vladimir Poutine est venu en personne. Elle est déçue de n’apercevoir que le premier ministre Dmitri Medvedev, dont le visage s’affiche sur l’écran télévisé géant. Timofeï, qui crie presque sans discontinuer «Russie, Russie» avec les supporters déchaînés qui l’entourent, glisse: «Ils ne sont pas très fair-play, ces Espagnols, toujours en train de feindre des blessures ou des fautes!» A la mi-temps, le score de 1 partout est jugé encourageant par les Russes, qui redoublent de ferveur pour soutenir leur équipe, dont les buts sont pourtant assiégés par les Espagnols.

A la fin du temps réglementaire, Viktor laisse échapper sa frustration. «Je trouve les nôtres plutôt fatigués. Et les Espagnols ne sont pas très inspirés, mais ils font le siège de nos buts… Ça va mal finir!» ronchonne Vikor, qui joue au commentateur. La pluie se remet à tomber pendant les prolongations. La tension ne cesse de monter. Viennent les tirs au but. Le moment décisif approche. Au deuxième arrêt du gardien russe Igor Akinfeïev, la clameur explose avec une intensité insoutenable, vrillant les tympans. La Russie vient de battre les champions du monde de 2010 et s’offre une place en quart de finale.

«Je suis contente que ça ait duré plus longtemps qu’un match normal. On a eu encore plus d’émotions!»

Svetlana Kouznetsov, une spectatrice

Svetlana exulte, les larmes aux yeux. «Je vous avais dit qu’il fallait y croire! C’est historique! Nous sommes des champions! On peut gagner la coupe!» hurle-t-elle à travers le vacarme qui ne veut pas diminuer. «Je suis contente que ça ait duré plus longtemps qu’un match normal, comme ça, on a eu encore plus d’émotions!» Son mari Viktor cède aussi à l’irrésistible vague émotionnelle. «Je n’y aurais jamais cru, lâche-t-il. Nous avons une superbe défense! C’est formidable, nous avons éliminé l’Espagne, je n’en reviens pas!» Puis il se reprend. La route vers la finale est encore longue… Son fils l’attrape par la hanche: «Allez viens papa, on va faire la fête sur la place Rouge!»

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