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Sepp Blatter lors de son arrivée à son hôtel, à Moscou.

Football

A Moscou, le retour de Sepp Blatter

Président déchu de la FIFA, le Haut-Valaisan a assisté au match Portugal-Maroc (1-0), invité personnellement par Vladimir Poutine. Malgré les scandales, sa cote de popularité est intacte dans certaines parties du monde

Parmi les 78 011 personnes réunies mercredi à Moscou pour le match entre le Portugal et le Maroc, il s’en trouvait une pour diviser le monde en deux camps irréconciliables. D’un côté ses détracteurs acharnés, de l’autre ses partisans fidèles. Ce n’était pas Cristiano Ronaldo, dont même les plus féroces contempteurs savent reconnaître les exceptionnelles qualités sportives, mais Sepp Blatter.

Le président déchu de la FIFA, suspendu de toute activité liée au football jusqu’en février 2022, a répondu favorablement à l’invitation du président Vladimir Poutine pour assister, «avec une certaine émotion», à sa onzième Coupe du monde. Il a rencontré le président russe à Moscou avant de voir en sa compagnie le Portugal battre chichement le Maroc (1-0) lors d’un match où les champions d’Europe en titre n’ont guère brillé. Sans un nouveau but de Cristiano Ronaldo (après son triplé contre l’Espagne) et la terrible maladresse des Nord-Africains dans le dernier geste, Sepp Blatter aurait pu assister à une véritable surprise. Son séjour se prolongera jusqu’à la rencontre Brésil-Costa Rica, qu’il regardera vendredi à Saint-Pétersbourg avant de rentrer en Suisse.

«Un grand homme»

En Europe occidentale, la réputation du Haut-Valaisan a été largement entamée par la succession de scandales qui ont éclaté autour de la FIFA dès le mois de mai 2015. Ailleurs dans le monde, il conserve une cote de popularité parfois complètement intacte. «Vous qui êtes Suisse, connaissez-vous Monsieur Blatter? Si oui, dites-lui de ma part qu’il est un grand homme, nous lançait cette semaine un journaliste africain réputé dans son pays. Il a œuvré plus que quiconque pour universaliser le football. Sans lui, il n’y aurait pas eu de Coupe du monde en Afrique. Sans lui, il n’y aurait pas eu de Coupe du monde en Russie.»

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C’est précisément la raison de sa présence à Moscou. La grande ambition de Sepp Blatter était «de rassembler les deux plus grandes puissances mondiales» en attribuant le tournoi à la Russie en 2018 puis aux Etats-Unis en 2022. La seconde partie du plan a capoté avec l’irruption du Qatar, mais Vladimir Poutine sait ce que son pays doit à l’ancien patron du football mondial. En 2015, il avait appelé à ce que lui soit remis le Prix Nobel de la paix.

Le combat des chefs

Faute de pouvoir lui garantir une telle distinction, il lui a maintenu son invitation en Russie pour la Coupe du monde, où sa «protection» immunise Sepp Blatter du risque d’une extradition aux Etats-Unis, qu’il redoute au point de ne plus quitter la Suisse depuis que les «affaires» ont éclaté. Avant de se déplacer pour la Coupe du monde, il n’avait fait exception que pour assister au tirage au sort des qualifications, à Saint-Pétersbourg, en juillet 2015, mais il était alors encore président de la FIFA.

L’organisation n’a pas commenté son nouveau voyage, mais la présence d’un tel fantôme du passé ne doit pas ravir son nouveau chef Gianni Infantino. Lors du congrès précédant le début de la Coupe du monde, il avait estimé qu’à son élection en 2016, la FIFA était «cliniquement morte» et que deux ans plus tard, elle était redevenue «vivante, pleine de joie, de passion, avec une vision pour un avenir». Sepp Blatter aussi a son avis sur la question de l’avenir: il a réussi à glisser au micro de Sky Sports qu’il verrait d’un bon œil une candidature britannique pour l’édition 2030 du tournoi.

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