Le Ministère public de la Confédération (MPC) enquête depuis novembre sur Sepp Blatter et Michel Platini pour escroquerie. C'est environ deux millions de francs que le patron de la Fifa de l'époque Sepp Blatter aurait versé au patron de l'UEFA Michel Platini en 2011.

Sur la base de connaissances antérieures, le MPC était parvenu dans un premier temps à une évaluation différente du versement, a-t-il indiqué samedi, revenant sur une information publiée par la presse française vendredi. Les enquêteurs judiciaires suisses n'ont pas fourni davantage d'informations.

Aucun fait nouveau n'est cependant intervenu dans cette affaire, qui a brisé le parcours des deux anciens dirigeants du football en 2015. Elle porte sur le paiement par la FIFA de deux millions de francs à Michel Platini début 2011.

Alliés devenus rivaux

Le MPC dispose ainsi d'options juridiques supplémentaires pour qualifier le règlement de cette somme. Il se trouve aussi en pleine tourmente en raison des accusations de collusion avec la FIFA qui visent Michael Lauber, l'ancien procureur général de la Confédération.

Pénalement, l'enjeu pour les deux ex-dirigeants n'a pas changé: ces trois qualifications sont passibles de cinq ans d'emprisonnement, selon le Code pénal suisse, de même que le chef de "faux" dont répond également Michel Platini.

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Anciens alliés devenus rivaux, Sepp Blatter et Michel Platini martèlent depuis le départ qu'il s'agit d'un reliquat de paiement pour un travail de conseiller effectué par le Français en 1999-2002. Sepp Blatter, entré à la FIFA en 1975 comme directeur du développement mais dépourvu de légitimité sportive, cherchait alors l'appui du triple Ballon d'Or pour prendre la tête de l'instance.

Mais la FIFA, dirigée depuis 2016 par Gianni Infantino, déplore de son côté l'absence de contrat écrit mentionnant à l'époque une telle rémunération, et en réclame à Michel Platini le remboursement depuis fin 2019 devant la justice civile suisse.

Outre cette affaire, qui vise également l'ancien secrétaire général de la FIFA Jérôme Valcke et l'ex-directeur financier Markus Kattner, la justice suisse a ouvert depuis cinq ans une vingtaine de procédures concernant l'instance suprême du football.

La seule qui a trouvé un épilogue, et visait Jérôme Valcke et le patron du PSG et de Bein Media Nasser Al-Khelaïfi, s'est conclue fin octobre par un acquittement quasi-général dans une affaire de droits télévisés. La "gestion déloyale" a été écartée par les juges.