Le nom de Michael Frey a commencé à bourdonner aux oreilles des amateurs suisses de football le 8 août dernier. Ce jour-là, l’attaquant de 27 ans claque un quintuplé avec son club, le Royal Antwerp, contre le Standard de Liège. Depuis, il est le meilleur buteur du championnat de Belgique avec 11 réalisations en 9 matchs. Mais Murat Yakin a décidé ce vendredi que ce n’était pas suffisant pour le convoquer en équipe de Suisse.

La Nati se réunira lundi à Lausanne en prévision de deux rencontres capitales dans l’optique d’une qualification pour la Coupe du monde 2022. Elle affrontera l’Irlande du Nord le samedi 9 octobre au Stade de Genève, puis la Lituanie trois jours plus tard à Vilnius. Tout autre scénario qu’un double succès compromettrait ses chances de terminer en tête de son groupe, qui compte également l’Italie et la Bulgarie, et donc d’oblitérer son ticket pour le Qatar sans passer par de périlleux barrages.

Un trou dans le CV

Pour son deuxième rassemblement, le sélectionneur a clairement défini la mission: «Nous devons améliorer notre présence en zone offensive. Nous montrer beaucoup plus dangereux.» Objectif: forcer le verrou britannique sur lequel ils ont buté le mois dernier à Belfast (0-0). Et comme ce sera sans Haris Seferovic, qui s’est blessé cette semaine, beaucoup pensaient que l’heure de Michael Frey allait sonner.

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Le Bernois n’est pas un inconnu des services de l’Association suisse de football. Il a porté le maillot de toutes les sélections de jeunes, jusqu’à celle des moins de 21 ans. Il a même été convoqué chez les grands en 2014, alors que Vladimir Petkovic entamait son mandat, sans entrer en jeu ni contre la Slovénie ni contre Saint-Marin. Après? Une carrière contrastée l’a éloigné des plans du Mister, aujourd’hui à la tête des Girondins de Bordeaux. Et même s’il tient la forme de sa vie, ce trou dans le CV lui coûte peut-être en partie sa sélection.

Sans Zeqiri

Plutôt que lui, Murat Yakin a choisi de rappeler Cédric Itten (Greuther Fürth en Allemagne) et Albian Ajeti (Celtic Glasgow en Ecosse). Deux attaquants moins prolifiques cette saison (respectivement 1 et 3 buts jusqu’ici) mais plus jeunes (24 ans). «Et ce sont des joueurs qui ont plus récemment été membres du cadre, ils connaissent l’équipe», a commenté le sélectionneur.

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Conscient de la limite de cette explication, il a enchaîné dans un sourire: «C’est un moment intéressant pour moi car j’ai du choix. Je n’ai pas tranché contre Michael Frey, qui figure d’ailleurs parmi les réservistes, ni contre Josip Drmic ou Eren Derdiyok [qui marchent fort en Croatie et en Turquie], mais en faveur d’autres joueurs.» Par rapport au dernier rassemblement, il peut en effet compter sur le retour de Xherdan Shaqiri, de Breel Embolo et de Mario Gavranovic, autant de tauliers de l’attaque helvétique depuis quelques années. Le jeune Andi Zeqiri, entré en jeu lors des trois matchs disputés en septembre, en fait aussi les frais.