Football

Les musées de clubs de football, du neuf avec du vieux

Déjà nombreux, les musées consacrés aux équipes continuent de fleurir en Europe. Un moyen pour les clubs d’asseoir le pouvoir de leur marque tout en préservant leur identité à l’heure de la globalisation

Plus que quelques heures avant l’explosif derby opposant Lyon à Saint-Etienne. Comme si l’atmosphère n’était pas assez tempétueuse, une pluie diluvienne bat sans relâche l’architecture moderne du Groupama Stadium. Stéphane Benas, l’homme derrière le musée de l’Olympique lyonnais inauguré en mai 2018, contemple le déluge niché sous le porche de l’entrée principale. «Je ne suis pas un collectionneur de matériel, d’objets, je ne suis pas un brocanteur, lance-t-il entre deux bouffées de cigarette. Je suis un collecteur d’histoires.» Le ton est donné. Place à la visite.

Les 1300 mètres carrés d’OL Le Musée – la plus grande exposition permanente consacrée au football en France – s’éparpillent stratégiquement à l’étage de la boutique officielle, déjà prête à avaler des milliers de fans. Stéphane Benas nuance pourtant la logique mercantile d’une attraction à 10 euros l’entrée (15 les jours de match): «Il y a deux manières de penser un musée d’un club de foot: comme un centre de profit ou comme un centre de service. On a opté pour la deuxième approche.» Nouvelle avenue d’une ville du sport et du divertissement toujours en cours de développement (OL City), le musée est, selon son directeur, «le garant d’une identité». Cette dernière est traduite par les valeurs «maison» placardées dans le corridor d’entrée (excellence, éducation, culture et solidarité), où chants des ultras et odeur de pelouse sont malicieusement diffusés.