Tennis

Nadal à genoux, Del Potro et Djokovic en finale

Blessé, Rafael Nadal abandonne alors qu'il était mené deux sets à zéro (7-6 6-2). Neuf ans après sa victoire sur Roger Federer, Juan Martin Del Potro rejouera une finale à l'US Open, cette fois contre Novak Djokovic, facile vainqueur de Kei Nishikori (6-3 6-4 6-2)

L'un à genoux, l'autre aux anges: trahi une fois de plus par son corps vendredi, Rafael Nadal permet à Juan Martin Del Potro, longtemps martyrisé par ses poignets, de renouer avec la finale de l'US Open, théâtre de son unique sacre en Grand Chelem il y a neuf ans. L'Argentin y défiera Novak Djokovic, qui poursuit son spectaculaire renouveau.

Strappé à deux reprises sous le genou droit, le visage grimaçant, le numéro 1 mondial et vainqueur sortant, a renoncé une fois mené deux manches à zéro (7-6 6-2) après deux heures de match. Débarrassé de la chaleur et de l'humidité étouffantes qui l'avaient fait souffrir depuis le début de la quinzaine new-yorkaise, Djokovic, lui, a écarté sans encombre le Japonais Kei Nishikori (19e mondial), finaliste en 2014, en moins de 2h30 (6-3 6-4 6-2).

Nadal encore diminué

«J'ai senti une pointe à 2-2, 15-0, dans le premier set. Après, j'ai continué en espérant que ça s'améliore au fil du match. Mais ça n'a pas été le cas», a expliqué l'Espagnol, qui «déteste abandonner». «Je ne pouvais pas courir, pas poser mes appuis, ni pousser au service. A la fin, ce n'était plus un match de tennis..., a-t-il justifié. Je ne crois pas que ce soit très grave, c'est toujours la même chose, une tendinite, mais ça m'empêche de jouer», a estimé le Majorquin de 32 ans.

Nadal n'a sans doute pas été aidé par ses trois combats à rallonge aux tours précédents, en particulier le dernier, cinq sets et près de cinq heures face à l'Autrichien Dominic Thiem. Il avait montré des premiers signes de faiblesse au niveau de son articulation dès son troisième tour face au Russe Karen Khachanov.

Ce n'est pas la première fois que ses genoux lui jouent des tours. Le droit l'avait régulièrement handicapé entre fin 2008 et début 2010, mais c'est le gauche qui l'avait forcé à écourter sa saison en 2012, dès Wimbledon, après son élimination au deuxième tour. La saison dernière, une fois assuré de finir l'année sur le trône du tennis mondial, l'Espagnol avait déclaré forfait au cours du Masters 1000 de Paris, puis n'avait joué qu'un seul match au Masters de fin d'année à Londres.

Del Potro revient de si loin

De retour en finale à Flushing Meadows neuf ans après y avoir soulevé son unique trophée en Grand Chelem, à vingt ans à peine, Juan Martin Del Potro a aussi connu son lot de blessures: numéro 4 mondial début 2014, le grand Argentin (1,98 m) est relégué au-delà de la 1000e place mondiale quand il revient à la compétition en février 2016, après deux années gâchées par trois opérations au poignet gauche.

Fort deux saisons plus tard du meilleur classement de sa carrière (numéro 3 mondial), après s'être offert au printemps son premier titre en Masters 1000 à Indian Wells, suivi d'une finale à Miami, «Delpo» est sur un petit nuage. «Je n'arrive pas à croire que je vais avoir une autre chance de jouer une finale en Grand Chelem ici, dans mon tournoi préféré, s'est félicité le Sud-Américain, qui fêtera ses trente ans le 23 septembre. J'ai dû surmonter beaucoup, beaucoup de problèmes pour en arriver là», a-t-il rappelé.

Quand ses poignets ne le laissaient pas en paix, Del Potro, moral en berne, avait même envisagé de dire adieu au tennis. Voilà sa persévérance récompensée. «Djokovic vient de remporter Wimbledon, il sera favori dimanche. Mais quand j'ai joué contre Roger (Federer) il y a neuf ans, c'était aussi lui le favori. Je vais tenter de créer encore la surprise.» 

Djokovic est bien de retour

Djokovic favori, voilà une habitude à reprendre. Lui aussi a connu une traversée du désert. Pendant deux ans, de son sacre tant convoité à Roland-Garros en 2016 à celui ayant acté sa renaissance à Wimbledon mi-juillet, le Serbe a tout connu, entre coude douloureux, opéré en début d'année, et tête en vrac, motivation et confiance envolées. Novak Djokovic n'est plus qu'à un succès de donner une dimension encore plus sensationnelle à son retour vers les sommets.

Devenu le premier joueur à détenir la collection complète des trophées en Masters 1000 grâce à son titre à Cincinnati mi-août, le Serbe de 31 ans rejoindra, s'il remporte son troisième US Open dimanche (après 2011 et 2015), l'Américain Pete Sampras avec un quatorzième trophée en Grand Chelem. Et il reviendra à six longueurs de Roger Federer, détenteur du record avec vingt couronnes majeures.

Au classement, il se réinstallera sur le podium mondial, au troisième rang, alors qu'il avait entamé la saison hors du top 10, et avait même glissé hors du top 20 pour la première fois depuis douze ans fin mai. Il pourrait même envisager, à court terme, se réinstaller dans le fauteuil de numéro 1.

Publicité