Dans le froid et au milieu de la nuit de mardi à mercredi, Rafael Nadal a décroché son billet pour les demi-finales de Roland-Garros après trois heures de lutte contre l’espoir italien Jannik Sinner (7-6 6-4 6-1). Nadal retrouvera non pas Dominic Thiem, son adversaire des deux dernières finales, mais Diego Schwartzman, qui s’est offert l’Autrichien en cinq sets.

Sinner reviendra

Habitué à la chaleur et au soleil qui ajoutent à la vivacité de ses balles sur le Central de Roland-Garros, Rafael Nadal a subi des conditions diamétralement opposées lors de ce quart de finale joué en pleine nuit, dans le vent et le froid. Et en face, Jannik Sinner (75e) a fait preuve d’un grand talent et d’une très grande assurance pour son premier quart en Grand Chelem.

Les deux hommes ont quitté le court Philippe-Chatrier à 1h25: jamais dans l’histoire un match ne s’était terminé aussi tard à Roland-Garros. «Il fait trop froid pour jouer», a répété Nadal en conférence de presse. «Bien sûr ce n’est pas idéal de finir à 1h30 du matin, mais il fait surtout trop froid pour jouer. Il fait très, très froid. Le tennis est un sport où on a beaucoup de temps morts. Je pense que c’est un peu dangereux pour le corps de jouer dans ces conditions.»

«Est-ce que Nadal doit encore jouer?»

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Aux quatre matchs quotidiennement programmés sur le court Central a été ajouté mardi matin le dernier huitième de finale du tableau féminin qui n’avait pu se jouer la veille à cause de la pluie. Plusieurs matchs ont tardé, dont le Thiem-Schwarztman, qui a duré plus de cinq heures. Dans son discours d’après-victoire sur l’Italienne Martina Trevisan, la Polonaise Iga Swiatek s’inquiéta de savoir s’il y avait encore un match après. «Est-ce que Nadal doit encore jouer?» demanda-t-elle deux fois à l’arbitre, avant de s’éclipser pour ne pas retarder davantage le programme.

«Je ne sais pas pourquoi ils ont programmé cinq matchs sur le Central, a déclaré Rafael Nadal. Il y avait des risques qu’il y ait de longs matchs, pas de chance, c’est ce qui s’est passé. J’ai essayé d’être patient, compréhensif et de rester dans de bonnes dispositions.» Le Majorquin n’est pas le dernier à râler mais il sait très vite s’adapter aux impondérables du tennis. «J’ai accepté la situation. Il ne manquerait plus que je commence énervé un quart de finale de Roland-Garros…»

Schwarztman comme à Rome?

Nadal, qui a fait l’impasse sur l’US Open et a donc été sevré de compétition pendant six mois, s’estime en bonne forme. «J’ai réussi à jouer de mieux en mieux au fil du match, je ne joue que mon deuxième tournoi en six mois et je suis en demi-finales, c’est une bonne nouvelle.»

Il n’avait repris le chemin du circuit que mi-septembre à Rome, où Diego Schwartzman l’a stoppé dès son troisième match, en quart de finale. C’est précisément l’Argentin qu’il affrontera pour une place en finale sur la terre battue. Car, après plus de cinq heures de bras de fer, «el Peque» (le petit) Schwarztman a fait craquer Dominic Thiem, le vainqueur de l’US Open, en cinq manches très serrées (7-6 5-7 6-7 7-6 6-2). «Nous avons tous les deux tout donné. Même si je suis déçu, je reste heureux pour lui. Perdre face à un ami, ça fait toujours un peu moins mal», a commenté Thiem, beau joueur.