Les spectateurs du court Philippe-Chatrier sont retombés en enfance mercredi soir à 22h45. Ils se sont revus, en pyjama, chassés du salon et envoyés au lit par leurs parents au beau milieu du film du soir sur TF1. Variante sportive: «On avait dit seulement la première mi-temps!» Il était l’heure de partir, pour avoir une (minime) chance de respecter le couvre-feu, fixé depuis ce 9 juin à 23h au lieu de 21h.

Cela avait permis à 5000 personnes de donner pour la première fois de la quinzaine un peu de vie aux nouvelles nocturnes de Roland-Garros. Avec ce paradoxe, aux alentours de 22h30: des gens qui rugissent de plaisir lorsque Matteo Berrettini remporte le troisième set (7 points à 5 au tie-break) et prolonge une partie dont ils ne verraient pas la fin. Peut-être, tels des gosses en pyjama, espéraient-ils que, pris par le film du match, les grandes personnes oublient l’heure et le couvre-feu.