Plus de 116 fédérations sportives convoitent la manne de Swiss Olympic (SO), fût-elle modique: 14,28 millions de francs seront alloués cette année, dont une très large partie provient du Sport-Toto. Mauvaise nouvelle pour l'athlétisme et la natation: leurs états de service, réévalués après les Jeux d'Athènes, ne justifient plus des subventions élevées.

Selon la classification de Swiss Olympic, établie sur la base de critères précis, l'athlétisme et la natation opèrent une sorte de relégation en ligue B qui, concrètement, se traduit par une diminution sensible de la participation «étatique» dans leur budget, soit 10 à 15%. «Pendant longtemps, l'athlétisme a reçu un million de francs par an. En chutant d'une classe, il percevra un maximum de 800 000 francs. Ce n'est pas rien tout de même», plaide Werner Augsburger, directeur technique de SO.

Pour tendre vers des arguments péremptoires, l'institution faîtière a affiné sa clé de répartition ou, plus exactement, les critères qui la régissent. Le système reste simple. Toutes les disciplines agréées sont réparties dans cinq catégories, en fonction des résultats obtenus sur la scène internationale (maximum possible de 15 points), des efforts consentis pour la relève (10 points), de l'importance du sport, calculée en fonction du nombre de nations actives et de licenciés suisses recensés (8 points). Ultime critère: la rigueur dans la conduite des tâches administratives (3 points).

Si l'athlétisme et la natation rentrent dans le rang, quatre sports, à l'inverse, montent en grade: le beachvolley, le triathlon, la gymnastique artistique et – une première pour un sport non olympique – la course d'orientation.

Du coup, la classification 1 regroupe 11 disciplines, contre 23 pour la deuxième. A elles seules, ces catégories élitistes représentent 75% des subventions. La manne attribuée aux disciplines plus confidentielles, ou moins performantes, relève pratiquement de l'obole. «Chaque cas, chaque situation a fait l'objet d'une discussion âpre, convient Werner Augsburger. Mais nous sommes parvenus à un système stable, transparent, universel, bref, sans équivoque. Preuve de sa fiabilité, les Pays-Bas nous l'ont acheté.»

Si le barème obéit à un raisonnement cartésien, les critères, eux, recèlent fatalement une part de subjectivité, ce qui les rend éminemment contestables. Certaines voix demandent à Swiss Olympic comment une discipline essoufflée deviendra plus compétitive avec moins d'argent. D'autres lui reprochent d'avoir occulté l'impact médiatique d'un sport – au hasard, l'athlétisme – par rapport à un autre – au hasard, la course d'orientation –, ou encore l'accessibilité du podium, sans commune mesure entre la natation et le triathlon – au hasard toujours.

Il ne vaut pas la peine de s'invectiver pour si peu. Une comparaison, une seule, pour relativiser: à la Fédération française d'athlétisme, l'Etat couvre les deux tiers du budget et emploie 55 entraîneurs à plein temps…