L’équipe de Suisse de Murat Yakin est abonnée aux scores nuls et vierges. Après le 0-0 obtenu contre l’Italie dimanche à Bâle, elle en a concédé un deuxième ce mercredi soir à Belfast contre l’Irlande du Nord. Si le premier faisait ses affaires contre les grands favoris du groupe C des éliminatoires européennes de la Coupe du monde 2022, le second ne l’arrange pas vraiment, sans hypothéquer ses chances de qualification pour autant.

Dans un match fermé et très pauvre en occasions de but, la Nati a eu une chance en or de prendre l’avantage quand Ruben Vargas s’est retrouvé illicitement ceinturé dans la surface de réparation adverse, alors que le ballon n’était même pas dans les parages (32e). Un penalty comme tombé du ciel, même si clair et net, que Haris Seferovic a malheureusement galvaudé d’un tir sans conviction facilement repoussé par le gardien Bailey Peacock-Farrell.

Chacun dans son rôle

Au-delà de cette séquence, la rencontre a tenu d’une opposition de style un peu monotone. Encouragée par le bouillant public du Windsor Park, la sélection nord-irlandaise s’est strictement concentrée sur ce qu’elle sait faire. Fermer les espaces. Batailler avec cœur. Multiplier les efforts. Spéculer sur une rupture efficace, une balle arrêtée ou une longue touche. Défensivement, le plan a fonctionné à merveille. Offensivement, il n’a pas suffi à mettre en danger le gardien Yann Sommer, qui n’a pas eu le moindre tir à détourner du cadre. Seul Shayne Lavery aurait pu marquer, dès la 8e minute, lorsqu’il a pris de vitesse toute la défense helvétique. Mais il a visé à côté.

De son côté, l’équipe de Suisse a dû se satisfaire du rôle qui lui est revenu par la force des choses. Celui de proposer du jeu. De posséder le ballon. D’animer la rencontre. Tout ce qu’elle n’avait pas eu à faire, ou si peu, ce dimanche contre l’Italie. Le nul qu’elle avait obtenu contre les champions d’Europe laissait cette question ouverte: avait-elle les moyens d’inventer autre chose, contre un adversaire plus modeste, malgré les absences de Shaqiri, Embolo, Gavranovic, et même Xhaka, à la baguette? La réponse, malheureusement, fut négative.

Imprécisions techniques

Ce n’est pas une immense surprise. Les intentions du nouveau sélectionneur Murat Yakin diffèrent de celles de son prédécesseur Vladimir Petkovic. Il n’a eu qu’une dizaine de jours – émaillés de trois rencontres – pour les implémenter. Il a dû le faire sans plusieurs de ceux qui sont objectivement les meilleurs atouts offensifs actuels du football suisse. Ruben Vargas et ses tentatives de dribble mis à part, l’ancien international n’avait pas à sa disposition de joueurs capables de changer la donne sur un coup d’éclat. Et le temps avait manqué pour mettre en place des automatismes susceptibles de faire la différence collectivement.

Plus inquiétant, la prestation de l’équipe de Suisse a été parsemée d’erreurs techniques personnelles, de fautes de rythme et d’approximations dans les prises de décision. Par ailleurs, la comparaison avec l’Irlande du Nord sur le plan de l’engagement a, par moments, été cruelle. La somme de ces petites choses laisse à penser qu’il y avait davantage qu’un point à obtenir, ce mercredi, sur la pelouse du Windsor Park. Au soir du 15 novembre, après les derniers matchs de ce groupe C des éliminatoires vers la Coupe du monde 2022, les hommes de Murat Yakin sauront s’il y a lieu de nourrir des regrets.