Quelques tintements de cloches, des «Hop Suisse!» ponctuels et de chaleureuses salves d’applaudissements au final: sans aller jusqu’à parler d’un engouement fiévreux, l’équipe de Suisse féminine de football a reçu mardi soir à Bienne un bel accueil populaire.

Les encouragements des 2650 spectateurs n’étaient pas de trop pour l’aider à continuer sa route vers la Coupe du monde 2019 en France au-delà d’un premier barrage très incertain contre la Belgique. Après avoir obtenu un bon nul à Louvain vendredi (2-2), elle en a concédé un beaucoup moins reluisant à domicile (1-1). Mais l’essentiel est acquis, au bénéfice d’un plus grand nombre de buts marqués à l’extérieur, et le public aura l’occasion de revenir: pour se qualifier, les footballeuses helvétiques ont encore besoin d’un succès contre les championnes d’Europe en titre, les Pays-Bas, lors d’une double confrontation prévue les 5 et 13 novembre.

Curieuse échéance. Une victoire contre les «Lionnes oranges» et leur jeu séduisant serait un exploit pour les Suissesses. Mais un échec aux portes de la plus prestigieuse des compétitions serait un coup d’arrêt dans le développement du football féminin dans le pays. Depuis l’arrivée de Martina Voss-Tecklenburg en 2012, la Nati a progressé. Obtenu sa qualification pour deux grands tournois consécutifs, le Mondial 2015 au Canada et l’Euro 2017 aux Pays-Bas, lors desquels elle a à chaque fois atteint le stade des huitièmes de finale. Et alors que la sélectionneuse allemande s’apprête à reprendre les rênes de l’équipe nationale de son pays à l’automne, elles devraient regarder la Coupe du monde en France à la télévision?

Fin de partie incertaine

Au vu de la partie disputée mardi soir sur la pelouse de la Tissot-Arena, cela ne semble pas être leur projet. Au coup d’envoi, elles disposaient d’un petit coussin de sécurité, mais elles ont abordé la rencontre sans avoir l’intention de s’y reposer. Plus affirmée dans la jouerie et disposant des individualités les plus affûtées, l’équipe de Suisse a attaqué jusqu’à ouvrir la marque sur une jolie reprise de volée de Géraldine Reuteler (23e).

Par la suite, elle s’est contentée de contenir son adversaire et de procéder par contre-attaques. Ramona Bachmann, qui évolue à Chelsea en club et un cran en dessus des autres techniquement, aurait pu doubler la mise (notamment sur un face-à-face avec la gardienne belge Nicky Evrard, 34e), mais l’équipe de Suisse a dangereusement laissé la Belgique y croire. Et quand l’égalisation est tombée sur une tête de Tine De Caigny à la 77e minute de jeu, un terrible retournement de situation n’était pas à exclure.

La gardienne gruérienne Gaëlle Thalmann et ses coéquipières ont plié. Sans rompre. Elles ne sont plus qu’à 180 minutes de jeu d’une deuxième participation à la Coupe du monde. Qui serait à la fois un exploit et une suite logique au vu des progrès du football féminin dans le pays.