L’équipe de Suisse de football affrontera l’Espagne samedi puis l’Allemagne mardi dans le cadre de la Ligue des nations, où elle doit sauver sa place au plus haut niveau de la hiérarchie. Comme si cela ne suffisait pas, elle accueillait ce mercredi soir à Saint-Gall la Croatie pour un match amical.

Elle a fini par le perdre (1-2), après avoir ouvert la marque, mais le résultat était sans doute secondaire dans l’esprit du sélectionneur Vladimir Petkovic. Son onze de base indiquait clairement qu’il envisageait cette rencontre comme une expérience en vue de l’avenir à moyen terme davantage que comme une répétition générale en vue des échéances de la semaine.

Au coup d’envoi étaient alignés trois néophytes (le gardien Jonas Omlin, le défenseur Becir Omeragic, le couloir Jordan Lotomba) et seulement trois des hommes qui étaient titulaires contre l’Allemagne en septembre dernier (1-1): Ricardo Rodriguez, Granit Xhaka et Djibril Sow. L’idée était à la fois d’épargner certains cadres très sollicités, mais aussi d’offrir du temps de jeu à des joueurs qui n’en ont pas encore accumulé beaucoup cette saison, à l’instar d’Edimilson Fernandes, qui a longtemps été privé de terrain parce qu’il enchaînait les tests positifs au Covid-19. En la matière, il a fallu se passer de Manuel Akanji, dont l’infection a été découverte à quelques heures de la rencontre, en plus de Xherdan Shaqiri, isolé depuis la veille…

Xhaka, chef d’orchestre

Les cartes de la Nati avaient donc été battues, brassées et rebattues avant ce premier match de l’automne en présence de spectateurs (4500). Cela ne l’a pas empêchée de séduire pendant une mi-temps, c’est-à-dire jusqu’à la sortie de Granit Xhaka. Le demi d’Arsenal est un organisateur-né, dont la seule présence suffit presque à faire exister les principes de jeu que l’équipe de Suisse travaille depuis des années. Il donne de la voix, replace ses coéquipiers, coupe les angles de passe et assume la responsabilité des sorties de zone les plus ardues, quand il n’est pas à l’origine des actions de but. Sa frappe de 35 mètres était un peu trop enlevée pour ouvrir le score, mais quelques minutes plus tard son centre pour la tête de Mario Gavranovic était parfait – et ce fut 1-0.

Après la sortie de Granit Xhaka à la pause, et alors que la Croatie avait déjà égalisé, la Suisse a commencé à manquer d’automatismes. Il faut dire que Ricardo Rodriguez et Admir Mehmedi, également des «anciens», avaient été remplacés eux aussi. Et tandis que Vladimir Petkovic injectait du sang neuf, offrant encore sa première sélection à Simon Sohm, son homologue Zlatko Dalic introduisait ses stars Luka Modric et Ivan Perisic. C’étaient les limites de l’expérience pour la Nati, qui n’a plus vraiment réussi ni à créer du jeu, ni à mettre ses adversaires en danger. Le but de Mario Pasalic, à la 67e minute, est resté sans réponse.

L’équipe de Suisse doit tenter de figurer aussi haut que possible au classement FIFA en vue du prochain tirage au sort des éliminatoires de la Coupe du monde 2022, et de ce point de vue là, la défaite concédée contre la Croatie pourrait être dommageable. Mais elle aura eu ses enseignements aussi. Vladimir Petkovic n’aura par exemple pas manqué la prestation enthousiasmante de Djibril Sow, précieux tant à la récupération qu’en phase de transition, et le potentiel offensif de Jordan Lotomba sur le flanc droit. Ils prétendront vite à une place de titulaire même sans circonstances particulières, et ils gagneront forcément à être mieux entourés.