Ce n'est pas comme ça que cela devait se passer. L'équipe de Suisse aurait dû aborder sa rencontre avec l'Islande (ce samedi à 18 heures à Doetichem) riche de trois points acquis contre l'Autriche et pleine de confiance. Mais elle a raté son rendez-vous avec le premier Euro de son histoire. Elle rêvait de deux succès consécutifs pour aborder son troisième match contre la France, favorite, sans pression. Elle se retrouve déjà dos au mur. Une défaite contre l'Islande et l'élimination des protégées de Martina Voss-Tecklenburg serait pratiquement inévitable.

«Une défaite telle que celle-ci est difficile à digérer»

Jeudi, les filles venues à la rencontre des journalistes avaient le moral en berne. Elles ressassaient. «Une défaite telle que celle-ci est difficile à digérer, soulignait Lara Dickenmann, l'une des cadres de l'équipe. Nous nous voyions comme la deuxième équipe favorite du groupe derrière la France, un nouveau rôle pour nous, et nous nous sommes laissées dévorer par la pression.» Le sommeil avait été délicat à trouver, les traits étaient tirés. Et une question flottait dans l'air: comment réussir à se reprendre alors que, de fait, la pression sera plus forte contre l'Islande?

Hercule & les Vikings

Vendredi, à l'heure de la conférence de presse officielle d'avant-match, les Suissesses avaient repris un peu de mordant. «Aucune parmi nous n'a livré une performance au top contre l'Autriche, mais ce sera différent pour ce deuxième match. J'en fais la promesse», a lancé la latérale Ana-Maria Crnogorcevic. La sélectionneuse Martina Voss-Tecklenburg faisait, elle, dans le mash-up historico-mythologique pour décrire la situation: «Il nous faudra une force herculéenne pour vaincre les Vikings, dont l'état d'esprit doit nous inspirer.»

Surfant sur la vague déclenchée par les hommes lors de l'Euro 2016 en France, la sélection féminine islandaise est redoutée pour son large public - quelque 3000 supporters attendus selon la presse locale - mais aussi son impact physique et son engagement. Ana-Maria Crnogorcevic, visage dur, promet que ses coéquipières et elle sont prêtes «à prendre des coups, mais aussi à en donner» pour continuer de pouvoir rêver d'une qualification.


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