L'aventure portugaise est terminée pour la «Nati». L'Association suisse de football y a mis un terme, hier, lors d'une conférence de presse. Le bilan est satisfaisant, a lancé son président Ralph Zloczower. «Les résultats sont dans la mesure de ce que l'on pouvait attendre, a-t-il dit. Mais les perspectives sportives sont bonnes. L'Euro 96 concluait le cycle d'une équipe en plein remaniements. Aujourd'hui, la situation est différente. Nous disposons d'un stock de jeunes joueurs.»

Un sang nouveau va en effet venir se mêler à celui qui compose l'équipe d'aujourd'hui. Avant la perfusion, plusieurs départs ont été annoncés hier.

La 31e apparition de Fabio Celestini sous le maillot de l'équipe de Suisse, jeudi dernier face à l'Angleterre, sera la dernière. Le milieu de terrain a surpris tout le monde en annonçant qu'il mettait un terme à sa carrière internationale après l'élimination de la Suisse à l'Eurofoot portugais. Cet échec sportif n'est pas la cause de son départ, a-t-il précisé. «Lorsque Köbi Kuhn est venu me voir il y a plus de deux ans, nous avons eu une discussion très franche. Il m'a dit que Johann Vogel était son joueur titulaire au milieu du terrain. Je m'étais donc fixé le défi de devenir moi-même titulaire et de participer à l'Euro avec cette équipe. Je n'ai atteint qu'une partie de cet objectif. Peu avant le début de la compétition, j'ai dit au sélectionneur que j'avais pris la décision de quitter l'équipe. J'ai accepté d'être le second pendant toutes ces années sans causer de problème. Mais, aujourd'hui, je préfère partir avec ce souvenir exceptionnel qu'a été notre participation au tournoi qui réunit les seize meilleures équipes du continent.»

Köbi Kuhn a remercié Fabio Celestini d'avoir «interprété son rôle de manière fantastique». «Nous perdons un vrai capitaine, a-t-il enchaîné, mais nous gardons un ami.» Le sélectionneur parlait là d'un autre départ. Celui de Jörg Stiel, son gardien, son homme de confiance. Sans club, sans offre concrète, le joueur pourrait quitter le football professionnel, à 36 ans pour 21 sélections. Stéphane Chapuisat va encore jouer un an avec son club (Young Boys), puis il raccrochera les crampons. Sa retraite internationale a également été confirmée. Il en restera donc à 103 sélections.

La prudence de Köbi Kuhn est désormais connue. Il ne faut pas s'attendre à un afflux de jeunes joueurs. D'autant plus que les prochaines rencontres demanderont une convocation de 17 joueurs et non plus 23, comme au Portugal. Johan Vonlanthen, en marquant l'unique but suisse de cet Euro, s'est acheté un billet pour porter le maillot à croix blanche pendant plusieurs années. Sa vitesse, sa détermination et une certaine rage intérieure jouent pour lui. Surtout que Köbi Kuhn aura à repenser son attaque pour sa campagne de qualification à la Coupe du monde 2006, qui commence le 4 septembre à Bâle contre les îles Féroé. Frei suspendu, Streller blessé, Chapuisat retraité: sa réserve est tarie. Les clés de l'attaque pourraient donc être confiées pour les trois matches qu'il reste à disputer en 2004 au duo qui a joué contre la France: Vonlanthen-Gygax, même si l'ailier du FC Zurich n'a pas traduit au niveau international les espoirs que ses cavalcades en Championnat suisse ont fait naître. Le rappel de Blaise N'Kufo, banni de l'équipe pour l'avoir quittée sur un coup de tête pendant la préparation d'un match, sera-t-il nécessaire? Pour l'heure, il ne semble pas en être question.

Sébastien Roth, appelé en catastrophe au Portugal suite à la blessure du troisième gardien Fabrice Borer, devrait rester parmi les cadres. Mais pas comme titulaire. Son manque d'expérience du haut niveau pénalise le portier du Servette FC. La place est promise à Pascal Zuberbühler, qui a patiemment attendu que Stiel se retire. Wölfli, le gardien des «moins de 21 ans», pourrait venir compléter le trio.

Pour le milieu de terrain, le nouveau de l'équipe pourrait être un vieux. Johann Lonfat, à 30 ans, a convaincu lors de son retour, peu avant l'Euro. Il y aurait participé s'il ne s'était pas blessé in extremis.

Tranquillo Barnetta sait désormais à quoi ressemble l'équipe des «grands», lui qui est un habitué des M21. Mais, en restant sur le banc, il n'a pas pu démontrer sa valeur. Il devra patienter encore. Idem pour Philippe Senderos. Le défenseur d'Arsenal a toutes les qualités pour composer, avec Patrick Müller, la défense suisse lors de l'Euro 2008. A condition qu'il ne se blesse pas comme cette saison.

L'objectif est d'avoir une équipe compétitive pour 2008, ont répété les dirigeants du football suisse. Le sélectionneur, pour y parvenir, doit penser à composer un groupe compétitif dès cet automne.