Encore une séance de dédicaces, ce matin à l'aéroport de Kloten, et la «Nati» sera au Portugal. Dans l'avion qui l'y mènera tout du moins. Le décollage est prévu à 12 h 25. Les joueurs et les membres de l'encadrement ne font pas la différence. Quitter le sol national, après une curieuse semaine de préparation passée entre trois hôtels, des multitudes de terrains d'entraînement et une suite de réceptions officielles, marque le réel début du périple lusitanien. La Suisse jouera son premier

match de l'Euro 2004 dimanche contre la Croatie. Mais dès aujourd'hui, les sélectionnés ont enfin la tête aux exploits qu'ils comptent réaliser afin d'atteindre les quarts de finale de la compétition, objectif officieux de l'équipe. «Ce n'est qu'à partir du moment où je serai assis dans l'avion que je me rendrai compte que l'Euro a bel et bien commencé pour nous», a lancé le défenseur Bernt Haas. Alexander Frei est plus radical: «Moi, je n'y croirai que lorsque j'aurai passé ma première nuit sur sol portugais.»

Les Suisses partent confiants vers Obidos, leur lieu de résidence au Portugal, à une centaine kilomètres au nord de Lisbonne. Ce n'est pas le bilan de leurs matches de préparation (trois défaites contre le Maroc, la Grèce et l'Allemagne, deux victoires contre la Slovénie et le Liechtenstein) qui le leur autorise, mais le rappel d'un parcours qualificatif solide.

«Si nous sommes animés par l'esprit d'équipe qui régnait contre l'Irlande, je ne me fais pas de souci pour nous», déclarait Hakan Yakin à la presse dominicale. «Si les joueurs prennent appui sur leurs forces et sont résolus à jouer les matches à fond, s'ils construisent une unité et qu'aucun ne cherche à se mettre en valeur seul parce qu'il s'agit de l'Euro, si les trois joueurs offensifs suffisent, oui, la Suisse peut aller en finale», a renchéri Christian Gross, l'entraîneur du FC Bâle. Cela fait beaucoup de conditions, pourrait-on rétorquer à l'optimiste. «La finale? C'est viser un peu haut», modère d'ailleurs Bernt Haas.

Comment ne pas souscrire aux propos du défenseur latéral suite au match d'hier contre le Liechtenstein? Lorsqu'il a été annoncé au calendrier, nous pouvions penser qu'il s'agissait d'un bon moyen, pour les Suisses, de faire leurs gammes une ultime fois. Un entraînement qui vire à la leçon, du type de celle que l'Angleterre a donnée à l'Islande samedi (6-1). Une escapade dominicale pour s'aérer l'esprit et rejoindre le Portugal les poumons oxygénés. Las! Sous le soleil zurichois, les «rouge et blanc» ont paru tour à tour maladroits, fatigués et lents.

Les rares occasions de la première mi-temps ont fini soit dans les bras de Peter Jehle, le gardien des Grasshoppers dont on peut penser, vu sa progression, qu'il enlèverait une épine du pied de Köbi Kuhn si ce dernier pouvait le sélectionner. Soit quelques centimètres voire mètres à côté de la cage, comme ce fut le cas des coups de tête d'Alexander Frei (24e et 34e), de sa reprise de volée (36e) ou de la belle action collective de la 41e minute initiée par un solo de Hakan Yakin, relayée par Frei puis conclue par Stéphane Chapuisat, seul devant Peter Jehle. L'échange, un des seuls joués à une touche de balle, avait la rapidité empruntée à une équipe sûre d'elle et prête à affronter l'élite continentale. Stéphane Henchoz avait, entre-temps, sauvé la maison suisse grâce à un tacle sur Thomas Beck, parti seul vers Pascal Zuberbühler.

Les Suisses finirent la partie avec six joueurs offensifs, dont Johan Vonlanthen qui honorait sa première sélection. Leur volonté brouillonne ne changea rien pendant 89 minutes. Près de l'ultime seconde de jeu, Daniel Gygax inscrivit son premier but en équipe nationale.

Tranquillo Barnetta sera-t-il celui qui apportera le rythme et la technique qui manque aux Suisses depuis le début de l'année? Le Saint-Gallois, futur joueur du Bayer Leverkusen, a été appelé hier en remplacement de Johan Lonfat, dont les blessures dorsales lui feront manquer l'Euro. Il a été appelé après le refus de Davide Chiumiento de jouer pour la Suisse.

Stade du Hardturm, Zurich, 10 200 spectateurs

SUISSE 1

LIECHTENSTEIN 0

Arbitre: M. Drabek (Aut)

But: 90e Gygax

Suisse: Zuberbühler; Haas (46e Berner), Henchoz (46e Zwyssig), Murat Yakin, Spycher (46e Magnin); Gygax, Celestini (75e Cabanas), Wicky (46e Huggel); Hakan Yakin; Frei (81e Vonlanthen), Chapuisat (81e Rama)

Liechtenstein: Jehle; Telser, Hasler, Ritter, Michael Stocklasa; Roger Beck (46e Ronny Büchel), Martin Stocklasa, Gerster, Burgmeier (79e Martin Büchel); Frick, Thomas Beck (85e Vogt)

Notes: la Suisse sans Vogel, ménagé.

Avertissements: 20e Haas. 38e Henchoz. 59e Mi. Stocklasa. 70e Celestini.