Le Temps: Après un mauvais départ en Ligue nationale B, le Lausanne HC relève la tête. Quel est votre sentiment sur le parcours de votre équipe?

Robert Lei-Ravello: J'éprouve une énorme satisfaction, voire du soulagement. Cela dit, même si cela va mieux (ndlr: le LHC est 4e à six points du leader sierrois avant de recevoir La Chaux-de-Fonds ce soir), il n'y a rien d'extraordinaire. La situation est conforme à ce que nous étions en droit d'attendre de cet effectif.

- Relégué l'an passé, Lausanne n'a en effet pas lésiné sur les moyens pour retrouver l'élite au plus vite. Et ce malgré quelques difficultés de trésorerie...

- Nous désirions construire une équipe compétitive afin d'éviter plusieurs années de basse transition. Notre objectif est de remonter au plus vite, mais pas n'importe comment. En sport, il faut savoir se montrer patient. Or, les gens ont parfois du mal à l'être. Les attentes de la ville et du public sont importantes.

- Trop?

- J'ai compris la déception des gens à l'automne. Mais certains, déjà fâchés par notre relégation la saison dernière, nous ont tourné le dos très vite. La critique est utile mais là, elle a été exagérée. Au sein du club, des gens ont été égratignés à tort. J'ai été déçu du traitement que le public, la presse et certains actionnaires ou partenaires nous ont réservé.

- Cette période difficile a-t-elle eu des conséquences directes sur la santé financière du club?

- Je ne souhaite pas donner de chiffres précis (ndlr: le budget, l'un des plus hauts de la ligue, s'élève à 3,5 millions de francs), mais j'avoue que nous sommes en retard par rapport à nos prévisions. La Ligue nationale B souffre, en général, de la désaffection du public, et le climat économique actuel est morose. Dans ces conditions, il n'est pas simple de convaincre les partenaires de raccrocher le wagon.

- L'heure est-elle grave?

- Nous n'avons pas le couteau sous la gorge, mais restons attentifs. Pour résumer, nous éprouverions de très grosses difficultés en cas de non-participation aux play-off. Tout irait bien, en revanche, si nous atteignions la finale. Voilà où nous en sommes.

- Croyez-vous à une ascension dès cette année?

- Si l'occasion se présente, nous ne dirons pas non. En cas de barrage contre le dernier de LNA, nous nous renforcerions. Et si nous échouons, nous redoublerons d'efforts en vue de l'an prochain. L'éventuelle modification du format de la LNA, à l'horizon de la saison 2007/08, pourrait nous faciliter les choses.

- Vous militez donc pour l'élargissement de l'élite à quatorze ou quinze équipes, contre douze actuellement?

- Il serait idéal que nous allions en ce sens. Certains clubs de LNB doivent réfléchir et ne pas rater ce virage. Sinon, nous courons vers la disparition du hockey dans certaines régions. C'est le moment de réagir. Les clubs qui ne bénéficient pas du soutien d'un mécène pourraient ainsi développer un concept de formation parmi l'élite, sans devoir faire face à une obligation de résultats immédiate. Nous pourrions travailler avec les jeunes, de façon sérieuse et sereine.