Soigneurs, coureurs, dirigeants de fédération, directeur de groupe sportif, organisateurs: peut-on vraiment mettre tout le monde dans le même panier? Selon le juge Patrick Keil, qui a transformé l'affaire Festina dont il a hérité en juillet dernier en une enquête élargie sur le dopage dans le cyclisme, cela semble ne faire aucun doute. Ainsi n'a-t-il pas hésité jeudi à inculper le président de la Fédération française de cyclisme, Daniel Baal, de complicité de délits de facilitation et d'incitation à l'usage et administration à autrui de produits dopants.

Un coup dur porté aux institutions. Car, en s'en prenant à Daniel Baal, souvent cité en exemple pour son opposition au dopage, la justice signifie à tous les dirigeants sans exception qu'ils sont complices de la tricherie qui prévaut dans le cyclisme.

Il est positif que la justice souligne les responsabilités de chacun. Elle ne doit cependant pas, dans sa volonté de bien faire, oublier son devoir: mettre fin aux trafics de produits dopants dont les acteurs n'ont pas encore eu beaucoup de soucis à se faire. La preuve: les mises en examen ont beau se multiplier dans l'affaire Festina, il semble que les mœurs au sein du peloton n'aient pas vraiment changé.