Volleyball

La nécessaire métamorphose du Montreux Masters

L’existence du tournoi international féminin a été remise en question par la création d’une ligue mondiale féminine, mais il aura finalement lieu en septembre 2018. Ses organisateurs veulent croire qu’il conservera malgré tout un intérêt

Le Montreux Volley Masters aura lieu en 2018. Cela n’a pas l’air d’un scoop pour une compétition créée en 1984 et organisée chaque année depuis, à une exception près (1997). Et pourtant: la 32e édition du tournoi international féminin, il y a six mois, aurait bien pu être la dernière. «Oui, le Masters a été en danger, reconnaît le secrétaire général Bernard Degex. Pendant l’été, nous avons failli laisser tomber. Mais nous avons fini par relever la tête.»

Création d’une nouvelle compétition

Avec des lunettes vaudoises, le tournoi représente une quintessence sportive et événementielle. A travers le grand-angle de la Fédération internationale (FIVB), le paysage devait être chamboulé pour que le volleyball gagne en attractivité. Les ennuis du Montreux Masters ont commencé par la création d’une nouvelle compétition: la Ligue des nations.

Dès 2018, cette dernière impliquera les seize sélections majeures tant chez les hommes que chez les femmes, sur une période s’étendant de la fin mai à la mi-juillet. Une révolution pour le mieux aux dégâts collatéraux inexorables sur la Riviera: le rendez-vous dévorera le mois de juin pendant lequel Montreux avait pris l’habitude d’inviter les meilleures équipes du monde.

Une semaine parfaite

Dans le calendrier international, le Masters disposait d’une place de choix. Le World Grand Prix féminin se déroulait dans l’enchaînement et faisait du tournoi vaudois une étape de préparation très appréciée. Impossible, par contre, d’exister en parallèle d’une Ligue des nations présentée comme «la plus importante compétition de l’histoire de la FIVB» par son président brésilien Ary Graça. David triomphe de Goliath dans la Bible mais pas dans l’arène du sport mondialisé.

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«Nous avions donc trois options. Soit tenter d’accueillir une partie de cette Ligue des nations à Montreux, mais cela s’est vite révélé impossible; soit tout arrêter, mais cela aurait été un crève-cœur; soit accepter de réinventer le tournoi notamment en modifiant ses dates», détaille Bernard Degex.

Mais avec un budget de 1,1 million de francs, le Masters ne peut pas se dérouler n’importe quand. Une édition pendant les vacances scolaires risquerait de faire le vide dans les tribunes et les rangs des bénévoles. Finalement, un créneau a pu être dégagé du 4 au 9 septembre. Après les compétitions internationales de l’été. Avant la reprise des championnats nationaux. Le compromis idéal. «Mais ce n’est pas dit qu’il existera à chaque fois, reprend le secrétaire général. Si tout se passe bien en 2018, notre défi sera de lutter pour protéger cette semaine-là d’une année à l’autre.»

La qualité avant tout

La perspective a convaincu les différents partenaires de continuer l’aventure, et la plupart des formations concernées. «Sur les quatorze réponses reçues des équipes que nous avons pré-invitées, douze étaient positives. Nous en attendons encore quelques-unes. Nous aurons donc de quoi composer un plateau magnifique. C’est un soulagement, notre équilibre financier repose sur la vente des billets et des droits TV, qui dépend directement de la qualité du programme», souligne Bernard Degex.

A ce titre, l’année 2018 sera un véritable test: le Montreux Masters devra convaincre tout le monde – sélections, sponsors, médias, public – de son importance dans la nouvelle configuration du volleyball mondial.

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