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Gilbert Facchinetti est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 82 ans.
© Keystone/Stefan Bohrer

Décès

Neuchâtel orphelin de Gilbert Facchinetti

L’ancien et charismatique président de Neuchâtel Xamax est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’âge de 82 ans

«Jusqu’à ma mort, je serai président», avait-il dit dans une interview en 2009. Et en effet, Gilbert Facchinetti, décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 82 ans, aura été jusqu’à sa mort le président de Neuchâtel Xamax, le vrai, le seul, l’unique, celui qui hissa le club neuchâtelois jusqu’aux plus hauts rangs de la hiérarchie du football suisse et européen, celui qui aura eu le bonheur de voir les plus grands clubs, les plus grands joueurs fouler la pelouse du stade de la Maladière.

Il restera dans l’histoire comme l’une des personnalités les plus emblématiques et charismatiques du canton de Neuchâtel et du sport suisse. Entrepreneur à succès, il fut aussi le patron d’un club régional qui devint deux fois champion de Suisse – en 1987 et en 1988 – et affronta les équipes européennes les plus prestigieuses dans sa modeste enceinte: Real Madrid y fut reçu et battu deux fois – 2-0 en 1986, 1-0 en 1991, mais les deux victoires madrilènes sur sol espagnol éliminèrent les rouge et noir –, SV Hambourg, Bayern Munich, Celtic Glasgow, Galatasaray, Inter Milan, AS Roma, Dynamo Kiev évoluèrent à la Maladière pour le plus grand bonheur du chaleureux président, connu pour signer les contrats de ses joueurs et entraîneurs d’une vigoureuse poignée de main.

Le Conseil d'Etat neuchâtelois et la Ville de Neuchâtel ont salué vendredi l'«humanisme,» l'«enthousiasme contagieux» et la «générosité rare» de celui qui aurait pu être valaisan tant il tutoyait tout le monde dès la première rencontre.  

Le retour en Super League

L’homme qui a tenu le club à bout de bras pendant plus de deux décennies, de 1979 à 2003, aura eu moins de chance avec sa succession. En 2005, après un intérim d'un an et demi, il céda la présidence à un autre entrepreneur neuchâtelois, Sylvio Bernasconi, dont la passion pour le ballon rond n’était pas aussi vive et indestructible. En 2011, ce dernier vendit Neuchâtel Xamax à l’homme d’affaires tchétchène Bulat Chagaev. La triste suite, on la connaît. Et Gilbert Facchinetti l’aura vécue dans la douleur, aggravée par une succession de drames familiaux.

Malgré l’âge et la maladie, l'homme n’a jamais baissé les bras. En février 2012, un mois après la faillite du club, une fondation portant son nom fut créée dans le but de promouvoir le sport auprès des jeunes. Cette œuvre contribua à la reconstruction d’une équipe et à son retour, après sept années de purgatoire, en Super League. Le club neuchâtelois, entre-temps fusionné avec le FC Serrières et qui désormais, sous le coaching de Christian Binggeli, porte le nom de Neuchâtel Xamax FCS, affrontera, lors du prochain championnat, le FC Bâle et les Young Boys plutôt que Wohlen ou Rapperswil. Sous l’œil attentif et apaisé, de là-haut, d’un Gilbert Facchinetti qui aura juste encore eu le temps et le bonheur de voir son équipe remonter au plus haut niveau du football suisse.

Lire aussi: Xamax, bouté hors du panthéon suisse du foot, est revenu de nulle part

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