Football

Pour Neuchâtel Xamax, l'apprentissage continue

Tenus en échec à domicile par le FC Sion (1-1), les néo-promus en Super League sont derniers du classement après dix matchs, mais ils restent sur une série de trois parties sans défaite plutôt encourageante. Encore faut-il s’habituer à un nouveau rôle où les victoires sont moins régulières que ces dernières années

Avant de gagner un match, il faut commencer par ne pas le perdre. Il aura fallu aux footballeurs de Neuchâtel Xamax, de retour dans l’élite suisse cette saison, un tour complet de neuf matchs pour intégrer une vérité de La Palice que quelques années à dominer la Challenge League, la Promotion League, la 1re ligue et la 2e ligue inter leur avaient un peu fait perdre de vue. Dimanche après-midi, sur le synthétique de la Maladière, les hommes de l’entraîneur Michel Decastel n’ont pas réussi à prendre pleinement leur revanche contre un FC Sion qui les avait baladés voilà un peu plus de deux mois (3-0), mais ils ont serré les rangs pour parvenir à ne pas s’incliner.

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Avec la trêve internationale qui débute, Xamax s’apprête à passer deux semaines à la dernière place du classement de Super League. Moralement, ce n’est pas idéal, mais les Neuchâtelois sont sur une série de trois matchs sans défaite qui peut leur permettre de relativiser. Ils avaient, avant ce deuxième derby romand, enchaîné cinq revers.
Il fallait en quelque sorte réinitialiser le logiciel. «Dans l’euphorie de la montée, nous avons fait quelques points [une victoire, un nul], puis est survenu contre Thoune un accident [défaite 5-1] et cela a été dur de rebondir, nous confiait Michel Decastel vendredi. Désormais, nous avons compris que ce n’est plus comme en Challenge League, où nous pouvions encaisser le premier but tout en sachant que l’occasion de revenir, et de l’emporter, se présenterait forcément.»

Défense inédite

Dimanche, ses hommes ont égalisé d’un but «à la xamaxienne», en conclusion d’une action collective à une touche de balle, par l’inévitable Raphaël Nuzzolo (pour sa cinquième réussite de la saison). Il y eut quelques autres jolis mouvements de jeu, principalement en première période, quand les Neuchâtelois couraient après le score (à la suite d’un premier but d’Ermir Lenjani). Mais, pour l’essentiel, ils ont fait en sorte de ne pas reproduire les erreurs défensives qui, depuis le début de la saison, leur ont coûté de nombreux points.
Ce n’était pas gagné d’avance. Depuis quelques semaines, les blessures s’accumulent et Michel Decastel a dû innover avec une défense à trois, plus deux joueurs de couloir se repliant à toute vitesse. Mustafa Sejmenovic, Igor Djuric, William Le Pogam, Arbenit Xhemajli… tous sont absents pour des durées plus ou moins longues. «J’avais cinq défenseurs à disposition, je les ai tous fait jouer, voilà tout, ironisait le coach à la fin de la rencontre. Compte tenu de ce dispositif remanié, je suis content de la manière dont l’équipe a travaillé…»

Quand on se concentre sur le foot, on voit qu’on tient la comparaison

Lorsque le FC Sion parvenait à se projeter vite vers l’avant, selon les désirs du nouvel entraîneur Murat Yakin, les Neuchâtelois se repliaient encore plus rapidement pour se porter en supériorité numérique. Finalement, les Valaisans ne se sont créé que peu d’opportunités de marquer. Et Laurent Walthert était très attentif lorsqu’il a dû intervenir, comme à deux reprises en toute fin de match.

Le gardien et capitaine mesure aujourd’hui «l’apprentissage» qu’il accomplit avec ses coéquipiers, dont une bonne partie découvre ce niveau de jeu. «En début de saison, on se disait: oh, on va à Tourbillon jouer devant 10 000 personnes; ah, on affronte le champion sur son terrain… Désormais, nous avons compris qu’il fallait faire abstraction des noms, des stades, des individualités. Car quand on se concentre sur le foot, on voit qu’on tient la comparaison», nous disait-il avant la partie. 

Pas de panique

Pas question de paniquer, donc, à cause d’un classement où Xamax figure certes à la dixième et dernière place, mais à 2 points seulement de Zurich (sixième). Il reste 26 matchs à disputer et l’apprentissage est en bonne voie, reprenait Laurent Walthert. «Nous abordons le second tour avec davantage de certitudes que le premier. Ce sont les autres équipes qui doivent se poser des questions: nous sommes néo-promus, nous avons un petit budget et de nombreux blessés. Eux ont l’expérience de l’élite, ils sont riches et leurs contingents sont moins en friche que le nôtre… Et malgré tout cela, nous restons à leur contact.» Le FC Sion pointe au septième rang, avec un point de plus que son adversaire du jour.

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