Le suspense aura été total jusqu’au bout, mais les Pittsburgh Penguins se sont finalement qualifiés pour la finale de la NHL. Dans la nuit de jeudi à vendredi, ils ont remporté le septième match décisif de leur série face aux Ottawa Senators, 3-2 après prolongation. Dès lundi, ils tenteront de conserver la Coupe Stanley du champion de la ligue nord-américaine de hockey sur glace face aux Nashville Predators, qui ne l’ont jamais remportée. L’affiche est inédite. Comme le nombre de joueurs suisses engagés à ce stade de la compétition.

Ils seront trois. Pittsburgh peut compter sur le vétéran Mark Streit (39 ans); Nashville aligne Roman Josi (26 ans) et Yannick Weber (28 ans). Si l’équipe du Tennessee s’impose, le nom de Kevin Fiala restera également dans l’histoire mais, blessé, le prodige de 20 ans ne disputera pas la finale.

Lire aussi: Le double transfert de Mark Streit vu par le dirigeant

Deux Suisses ont remporté la Coupe Stanley à ce jour

A ce jour, deux Suisses seulement ont remporté la Coupe Stanley: David Aebischer (en 2001 avec Colorado Avalanche) et Martin Gerber (en 2006 avec les Carolina Hurricanes). Deux figures du hockey sur glace suisse qui, pourtant, n’avaient pas joué un rôle déterminant dans ces conquêtes. Aebischer n’avait gardé la cage de son équipe que pendant 32 secondes lors des play-off. Gerber, titulaire durant toute la saison régulière, s’était fait chiper sa place devant le but par Cam Ward, qui allait être couronné meilleur joueur des séries. Les deux gardiens mis à part, un seul autre joueur helvétique a atteint la finale de la NHL, le Zougois Raphael Diaz, utilisé le temps d’un match par les New York Rangers en 2014.

35 joueurs helvétiques dans l’histoire de la NHL

S’imposer dans le sport nord-américain demeure un défi majeur pour les athlètes européens, et les Suisses n’échappent pas à la règle. Thabo Sefolosha est le seul basketteur à avoir atteint la finale de la NBA. Même dans les sports mieux implantés dans notre pays que le basketball, il existe un décalage culturel à digérer. Par exemple entre football et soccer. La Major League Soccer a vu passer Tranquillo Barnetta, Innocent Emeghara ou Alain Rochat avant d’accueillir depuis peu Blerim Dzemaili, mais il a fallu attendre la saison 2016 pour qu’un Suisse y remporte le titre. Et si le patronyme de Stefan Frei est incontestablement alémanique, son parcours professionnel – il a émigré aux Etats-Unis à l’adolescence – en fait le produit de son pays d’adoption autant que de sa Suisse alémanique natale.

En hockey sur glace, il pourrait paraître plus aisé de franchir l’Atlantique tant la discipline est ancrée dans notre culture sportive. Pourtant, les statistiques historiques démontrent que la Suisse exporte plutôt peu, par rapport à sa place dans la hiérarchie mondiale de la discipline. En tout, 35 de ses ressortissants ont à ce jour patiné dans la plus prestigieuse des ligues du monde. C’est beaucoup moins que toutes les autres nations passionnées de puck. La NHL a adoubé 314 Suédois, 231 Russes, 221 Tchèques, 201 Finlandais et même 83 Slovaques.

La cote du hockeyeur «Swiss made» à la hausse

Mais la cote de popularité du hockeyeur «Swiss made» est à la hausse. Longtemps, le Suisse qui traversait l’Atlantique devait être gardien. Les expériences concluantes de quelques joueurs de champ ont contribué à faire évoluer les mentalités. Parallèlement, la démocratisation des moyens de communication a rapproché les exploits de ces pionniers des jeunes espoirs au pays, insinuant dans leurs esprits le rêve américain. Fin juin, le Valaisan Nico Hischier pourrait devenir le premier Suisse drafté en première position. D’ici là, un de ses compatriotes au moins aura soulevé la Coupe Stanley. De quoi perpétuer la tendance.

Aux récents Championnats du monde franco-allemands, Mark Streit, Roman Josi et Yannick Weber n’ont pas pu prêter main-forte à l’équipe de Suisse. Paradoxalement, ils ont peut-être davantage fait pour le hockey national en demeurant au service de leur club.