(Londres) Douze ans après Brigitte McMahon, victorieuse lors du premier triathlon olympique de Sydney, une autre Suissesse est parvenue à s’adjuger l’or de la discipline. À Londres, Nicola Spirig (30 ans) a parfaitement géré ses efforts de bout en bout pour toucher au but. Elle ne fut néanmoins pas certaine de son succès au moment d’arracher le ruban final. «J’en avais la sensation, mais je n’étais pas sûre d’avoir gagné, sourit-elle. J’ai dû attendre d’avoir la confirmation d’un officiel, cela a duré quelques minutes. Elles ont été longues et dures à vivre.»

C’est que Lisa Norden a franchi la ligne presque en même temps que la Zurichoise, avant de sauter de joie dans l’aire d’arrivée. «Je n’étais pas convaincue d’avoir gagné, je fêtais simplement ma médaille, lâche la Suédoise. Une médaille olympique, c’est un accomplissement formidable.» L’entraîneur national helvétique Iwan Schuwey reste interdit face au dénouement: «0,09 seconde d’écart précisément, se répète-t-il. J’ai déjà vu des verdicts serrés, mais à ce point-là, non.» Les coaches l’avaient prévenue qu’il en irait ainsi, que le sprint ferait office de juge. Or, à cet exercice, Nicola Spirig est incontestablement l’une des meilleures du circuit (avec Lisa Norden). «Je connais bien les autres athlètes avec qui nous nous retrouvions côte à côte sur la fin, confie-t-elle. Mais je savais aussi que j’étais forte au sprint.» Licenciée en droit, la Suissesse domine cette saison une discipline dans laquelle elle avait déjà glané trois titres européens en 2009, en 2010 et en 2012, et un sacre aux Championnats du Monde en 2010. Elle a mis énormément de moyens en oeuvre pour atteindre cet objectif olympique, rejoignant un cadre international à Leysin, sous l’égide de l’entraîneur australien Brett Sutton.

30 heures par semaine d’entraînement intense, une préparation ciblée et parfaite lui ont ouvert la voie à l’or olympique. Sur le fil.