«L'amélioration des équipements a permis de diminuer les lésions à la tête, mais sur le long terme, l'accélération du jeu a provoqué une augmentation des commotions cérébrales. Aujourd'hui, les blessures à la tête représentent 25% du total. Une sur cinq est une commotion.» Le Dr Nicola Biasca, ancien joueur d'Ambri-Piotta, membre de la commission médicale de la Ligue suisse et de la commission des règles de la Fédération internationale de hockey sur glace, essaye d'impliquer tous les acteurs dans la lutte contre les blessures.

Son souci premier: disposer d'un outil statistique précis sur la nature des accidents, pour pouvoir définir des axes d'action. Un «Rapport d'accident» a été élaboré il y a trois ans sur le modèle de ce qui existe outre-Atlantique, et distribué aux médecins de clubs. A charge pour eux de retourner les données ainsi collectées. Mais beaucoup rechignent au nom d'un secret médical pourtant garanti par ledit rapport. Deuxième souci: sensibiliser tous les acteurs au respect des règles: «36% des lésions recensées sont causées par des fautes qui ne sont pas sifflées dans trois quarts des cas. Les chocs les plus violents ont lieu au milieu de la glace. Il faut donc discipliner les joueurs et renforcer le rôle des arbitres par des moyens vidéo.»

Mais si l'inspiration vient d'outre-Atlantique, elle se heurte vite à la réalité suisse. Trop de joueurs n'attachent pas leur casque selon les nouvelles règles? Les arbitres, dont trois seulement sont professionnels, reconnaissent eux-mêmes ne pas intervenir. De l'aveu de l'un d'eux, ils sont tout juste assez nombreux pour couvrir les besoins. Sanctionner un joueur coupable d'un acte violent non sifflé pendant un match? Heinz Tännler, juge unique, n'a pas autorité pour en prendre l'initiative. «Et quelle sanction financière prendre contre des joueurs dont certains ont un statut amateur? Hélas, conclut le Dr Biasca, il faut attendre qu'un accident se produise pour que les gens réagissent.»

S. G.