Embouteillages dans les parkings, queue leu leu sur les sentiers… L’engouement actuel des Suisses pour la randonnée se traduit par une fréquentation très importante de certains sites fameux. Ils sont souvent magnifiques, particulièrement photogéniques et donc populaires sur les réseaux sociaux, mais la foule peut décourager ceux qui, avec la marche, cherchent à retrouver le calme et la sérénité de la nature. Pas de panique: une bonne partie des 65 000 kilomètres d’itinéraires balisés dans le pays restent peu courus. Voici quelques idées de balades pour échapper à la cohue.


La Vy aux Moines, de Môtiers (Neuchâtel) à Montbenoit (France)

Ce parcours balisé de 33 kilomètres entre Môtiers (dans le Val-de-Travers) et Montbenoit (en France voisine) balade le promeneur à travers toute la diversité des paysages jurassiens, avec un passage par le lac des Taillères et La Brévine, qui s’accroche à sa réputation de Sibérie de la Suisse. La totalité de l’itinéraire nécessite une dizaine d’heures de marche, mais il est possible de le fractionner en plusieurs étapes ou de se limiter à une partie du tracé. Plus d'informations sur une portion du sentier 100% suisse entre La Brévine et Môtiers ici.

(Proposé par Benoît Simon-Vermot, conseiller communal de Val-de-Travers)


Des Diablerets aux Mazots, par Tréchadèze (Vaud)

De la gare des Diablerets, dans les Alpes vaudoises, suivre La Grande Eau, puis le sentier qui monte vers Tréchadèze, un chalet qui fut le théâtre d’affrontements lors de la bataille du col de la Croix en 1798. En prolongeant la balade par ce col, justement, on atteint Les Mazots, son restaurant et l’arrivée du télésiège de Meilleret après 7,5 kilomètres et un peu moins de 700 mètres de dénivelé positif. Comptez 3 heures pour la montée. (Proposé par Christian Reber, syndic de la commune et président de la section romande du secours alpin suisse)


Sentier agro-sylvicole dans l’Intyamon (Fribourg)

Il est possible de découvrir la Gruyère sans visiter le village du même nom ni se lancer à l’assaut du mythique Moléson. La vallée de l’Intyamon offre une alternative sympathique et moins fréquentée. Cette balade, créée par le Mouvement agricole de l’Intyamon et agrémentée de panneaux didactiques, fait voyager le randonneur de Montbovon à Enney en transitant par de jolis villages, de belles forêts, des ponts historiques, avec de beaux points de vue sur la chaîne des Vanils. Comptez 3h35 pour parcourir les 13,6 kilomètres. (Proposé par Suisse Rando)


Au fil de la Versoix (Genève)

De l’arrêt de bus Sauverny, douane, une jolie promenade de 8 kilomètres sans difficulté, tout à fait adaptée aux familles, permet de rejoindre Versoix en longeant la rivière du même nom, en la traversant parfois et en suivant le fil de l’eau. Après moins de deux heures de marche, voici le Léman, au bord duquel un pique-nique sera le bienvenu. (Proposé par Suisse Rando)


A travers le bois de Finges (Valais)

Voilà un parcours qui ne manque pas d’intérêt: de Sierre (arrêt de bus Parc de Finges) à la gare de Loèche/La Souste, on traverse la plus grande pinède d’Europe et l’un des derniers paysages fluviaux sauvages du pays. Etangs entourés de roseaux, grands pâturages et horizon composé des sommets environnants attirent l’œil. Et il y a bien sûr le spectaculaire pont bhoutanais, qui enjambe l’Illgraben sur 134 mètres. (Proposé par Suisse Rando)

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Dans les bois aux confins de Genève

Nous voici en plein dans le far west de la Suisse. Un pas de côté et nous serions en France: le village de Chancy est le dernier avant la frontière sur la rive gauche du Rhône. De Champlong, à la sortie d’Avusy, on rejoint La Laire qui coule paisiblement, puis on chemine par Raclerets, les bois du Bouchet, des Crevasses et de Chancy avant de terminer au lieu-dit Vers Vaux. Juste là, c’est la frontière. (Proposé par la rédaction)


Les gorges du Chauderon (Vaud)

«On a l’impression d’être dans la jungle», nous dit un collègue. Pour un ersatz d’Amazonie sans quitter les rives du Léman, partir de la gare de Montreux en direction des Avants. On aperçoit rapidement la Baye de Montreux qui s’écoule, et de là les gorges du Chauderon sont indiquées. La hauteur et la verticalité des parois impressionnent forcément. Une montée ardue attend vos mollets: 600 mètres de dénivelé à avaler en 4,7 kilomètres seulement, pour laquelle il faut compter environ 2h15 d'effort! Mais la descente est possible en train pour se reposer. (Proposé par la rédaction)


Le lac du Louché depuis Saint-Martin (Valais)

De multiples randonnées sont envisageables dans le val d’Hérens. Une journaliste du Temps suggère un itinéraire ambitieux depuis Saint-Martin, qui aboutit après un peu moins de 6 kilomètres (mais un peu plus de 1100 mètres de dénivelé positif!) au lac Louché, situé à 2500 mètres d’altitude. Comptez 3h30 environ pour la montée. Un panorama d’exception, qu’il faut se résoudre à quitter après un peu de repos pour redescendre par le même chemin. Restauration possible à la buvette de Loveignoz. (Proposé par la rédaction)


Le Chasseral par la Combe Grède (Jura bernois)

Pour finir, un petit détour par le Jura bernois pour gravir le majestueux Chasseral, qui culmine à 1606 mètres d’altitude. L’itinéraire d’une de nos graphistes commence dans la commune de Villeret, d’où l’on attaque l’ascension de la Combe Grède – une des rares portions de sentier balisée «blanc-rouge-blanc» (chemin de montagne) – du coin. Ça grimpe! Mais la vue depuis la crête, après un peu moins de 6 kilomètres et plus de 800 mètres de dénivelé positif, en vaut carrément le détour. Le sommet est là, un petit kil' plus loin, après environ 3 heures de marche au total. Plusieurs possibilités de restauration alentours. Pour redescendre, plusieurs options s’offrent au randonneur qui ne veut pas emprunter de nouveau la Combe Grède. (Proposé par la rédaction)


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