La SYZ Translémanique n’est pas une course à prendre à la légère. Elle est considérée comme la régate en solitaire la plus exigeante du Léman. Jean-Luc Lévêque, président du comité d’organisation, n’hésite pas à la placer au niveau d’une «étape du Figaro», l’une des courses à la voile les plus prestigieuses de France.

«Les bateaux utilisés sont les mêmes. La seule différence, c’est que la course dure deux jours, au lieu de quatre ou cinq lors du Figaro», abonde Alain Gautier, vainqueur des deux compétitions (Solitaire du Figaro en 1989, Translémanique en 2013, 2014 et 2016).

Créée en 1974, l’épreuve lémanique est ouverte aux voiliers monocoques de régate et de course-croisière. La 44e édition débute ce samedi, à 9h30, et s’achèvera le lendemain. Avec une particularité: à l’initiative de Jean-Luc Lévêque, le parcours a été modifié par rapport aux années précédentes. Fini l’itinéraire Genève-Lutry. Cette fois, les régatiers devront effectuer le tour complet du Léman.

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Un choix mûrement réfléchi. «Je voulais redonner à la Translémanique ses lettres de noblesse, explique l’organisateur. Désormais, elle ne pourrait pas mieux porter son nom.» «C’est une bonne idée d’avoir agrandi le parcours. La course prend une dimension plus importante. On peut vraiment dire que c’est la traversée du Léman», poursuit Alain Gautier.

Ce changement n’est pas uniquement motivé par une volonté d’harmoniser le fond et la forme. L’ambition de rééquilibrer les débats occupe une place tout aussi importante.

«Avant, l’issue de la régate était rapidement connue, poursuit Jean-Luc Lévêque. Cette année, le parcours va ouvrir de nouveaux aspects tactiques. Les navigateurs vont découvrir un itinéraire où ils ne maîtrisent pas tous les paramètres. Il y aura plus d’incertitude.»

Participants prestigieux

Avec un terrain de jeu renouvelé, les organisateurs espèrent que le niveau de la compétition atteindra des sommets inédits. Pour la cinquième année consécutive, Alain Gautier sera sur la ligne de départ. Le Français est bien placé pour évoquer les forces en présence. «J’ai l’impression que le plateau est de plus en plus relevé, même s’il a toujours été bon. La bagarre est toujours très intense», dit-il.

Une remarque perçue comme un compliment par Jean-Luc Lévêque, dont le désir est de hisser la Translémanique parmi les courses internationales reconnues. La participation de navigateurs réputés est la preuve que la régate va dans le bon sens.

Hormis Alain Gautier, vainqueur du Vendée Globe en 1992-1993, l’épreuve a déjà accueilli Michel Desjoyeaux (multiple vainqueur du Vendée Globe, de la Solitaire du Figaro et de la Route du Rhum), Marc Thiercelin et la nouvelle star de la voile helvétique, Alan Roura, entre autres.

D’autres navigateurs de premier plan invités cette année comme Jean Le Cam et Jean-Pierre Dick n’ont pu répondre présent mais devraient prendre part à la compétition lors de la prochaine édition.

100 à 110 régatiers

Le changement de parcours conjugué à la hausse de niveau a, à un certain moment, fait craindre aux organisateurs une chute du nombre de participants. Finalement, il n’en sera rien. Entre 100 et 110 régatiers sont attendus, un chiffre situé dans les standards habituels.

«Après discussion avec le comité, nous avons pris la décision d’aller au bout de notre idée. On s’est dit que si on ne tentait rien, le niveau ne progresserait jamais», indique Jean-Luc Lévêque.

Forte de quelques têtes d’affiche prestigieuses et d’un parcours élargi, la 44e édition de la Translémanique est attendue avec impatience. «Ça va être une découverte pour tout le monde, je suis très excité. J’attends de bonnes conditions météo, avec un vent favorable, pour que la compétition soit la plus disputée possible», espère le président du comité d’organisation.

«C’est toujours un plaisir de naviguer sur le Léman. Pour le cadre, déjà, et je retrouve une bonne ambiance. C’est sympa d’être au milieu de passionnés. La course ne sera pas simple, mais elle n'en sera que plus intéressante», conclut Alain Gautier. La Translémanique est parée pour suivre son nouveau cap.