La situation financière de Stève Ravussin, contraint à l'abandon à la suite d'un chavirage, est pire qu'on ne l'imaginait. Outre le coût de la perte de son bateau non-assuré, le navigateur vaudois se retrouve avec, comme dettes, les frais engendrés par sa participation à la Route du Rhum. En effet, il semblerait que son contrat avec Orange stipulait qu'il ne toucherait l'argent couvrant le budget de fonctionnement pour la course que s'il arrivait à Pointe-à-Pitre. Une clause pour le moins inhabituelle et franchement discutable pour un contrat de sponsoring. Et qui explique pourquoi, à la suite de l'avarie causée par sa collision avec un container, Stève Ravussin voulait absolument repartir et terminer cette transat, même sans aucun espoir de podium. Cette information nous a été rapportée par Thomas Coville, ami du Vaudois, outré qu'un sponsor puisse envisager de passer un tel accord avec un marin. «J'espère qu'ils trouveront un arrangement», insiste le skipper du trimaran Sodeb'O. Il est vrai qu'Orange a quand même bénéficié de retombées liées à la participation de Stève Ravussin à cette Route du Rhum. Retombées accrues par son dramatique chavirage et son périlleux sauvetage. «Je vais essayer d'aider Stève parce qu'il va vraiment en avoir besoin, ajoute Thomas Coville. Je vais en discuter avec mon sponsor et peut-être lui proposer un poste dans mon écurie.» Le Breton a commencé la construction d'un maxi-catamaran pour tenter de battre le record du tour du monde en solitaire détenu par Ellen MacArthur. Stève Ravussin projette justement, depuis plusieurs mois, l'idée de racheter le bateau d'Ellen pour se lancer dans la même aventure. Et, depuis son cargo russe, il a fait savoir, avec l'optimisme inébranlable qui est le sien, qu'il n'y renonçait pas.