Football

Le nouveau président de la FIFA sera élu le 26 février 2016

Le président en exercice de la FIFA s’est exprimé lundi pour la première fois depuis sa démission, en juin. Il a obtenu ce qu’il voulait: un congrès abordant sa succession qui se déroulera le plus tard possible, lui permettant de peser sur le choix

L’élection du président de la Fédération internationale de football (FIFA) aura lieu le 26 février 2016 à Zurich. Le président Sepp Blatter, qui a «remis [son] mandat mais pas [sa] démission», ne sera pas candidat. Voici les deux principales informations qu’il faut retirer de la conférence de presse, la première de Sepp Blatter depuis sa démission surprise le 2 juin dernier. L’actuel président s’est exprimé lundi après-midi au centre de conférences de la FIFA.

Pour les autres mesures à l’étude – la création d’une Task Force de onze personnes chargées de proposer des réformes, la limite d’âge et du nombre de mandats (trois mandats de quatre ans au maximum), la mise en place de «tests d’intégrité» pour les futurs membres et la communication des rémunérations des membres du comité exécutif –, il faudra attendre pour voir si elles dépassent le simple effet d’annonce.

Ainsi, interrogé sur le montant de sa propre rémunération, Sepp Blatter a joué sur les mots comme il sait si bien le faire: «J’ai dit que je communiquerai mon salaire et je le ferai, mais seulement lorsque ce projet sera accepté et que cette mesure deviendra effective.» A la FIFA, le changement, c’est lentement.

«Bonne chance» aux candidats, «y compris Michel Platini»

Le Haut-Valaisan, qui a avoué «se sentir vivant» après ce «tsunami traversé» est toujours l’homme fort du football mondial. Tenue de se dérouler entre décembre 2015 et mars 2016, l’élection de son successeur aura finalement lieu le 26 février 2016. Le plus tard possible, comme il le souhaitait. Le dépôt des candidatures sera clos le 26 octobre 2015, quatre mois avant l’élection. Certains connaisseurs du monde de la FIFA estiment qu’il s’agit d’un temps largement suffisant à Sepp Blatter pour peser une dernière fois sur le vote. Pour l’heure, aucun candidat sérieux ne s’est déclaré.

Sepp Blatter s’est dit «impatient de connaître le nom du futur président» et a souhaité «bonne chance à tous, y compris à Michel Platini». Le Français, actuel président de l’Union européenne de football (UEFA) est le plus virulent opposant à la gouvernance actuelle de la FIFA. Ces dernières semaines, le Suisse ne s’est pas gêné, dans les médias, pour égratigner sa réputation d’homme probe et de dirigeant intègre.

Plus tard, géopolitologue à la radio?

Après cela, Sepp Blatter en aura fini avec la FIFA. Il l’a dit, il a même dû le répéter parce que sa première réponse pouvait laisser ouvertes quelques interprétations: il ne sera pas candidat. «Le président élu le 26 février sera un nouveau président. Moi je suis un vieux président, enfin, pas si vieux.» A partir du 27 février, il fera autre chose. «Peut-être du journalisme, mais à la radio car c’est le média le plus populaire et le plus universel. J’aimerais y parler de géopolitique, c’est mon hobby.»

Le début de la conférence de presse a été marqué par un bref mais spectaculaire happening protestataire. Alors que Sepp Blatter venait de faire son entrée dans la salle de conférences, un artiste anglais s’est présenté à la tribune et a lancé en l’air une liasse de dollars. Les faux billets retombèrent en pluie sur Sepp Blatter qui se leva brutalement de son fauteuil, comme si ces morceaux de papier risquaient de le brûler. Outré, le Valaisan se dirigea vers son pupitre pour prononcer une suspension de la conférence. «Ceci n’a rien à voir avec le football», lança-t-il d’une voix blanche.

Indiscutablement, son image et sa postérité lui importent énormément. Il ne s’en cacha pas avant de quitter la salle. «Il est très important pour moi et pour mon œuvre de 40 ans à la FIFA de partir en pouvant dire que j’ai accompli quelque chose de bon.» Tout dépend où l’on situe le curseur.

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