Le New York Times le révélait dans son édition de samedi. Un chèque de 7350 $, libellé au nom de Victor Conte, le fondateur du fameux laboratoire Balco – celui par qui le scandale de la TGH (tétrahydrogestrinone, stéroïde anabolisant de synthèse) est arrivé – émanerait du compte en banque de Marion Jones. Cet élément de l'enquête de l'affaire Balco, qui apparemment avait déjà été mentionné dans un affidavit gouvernemental, a suffi à éveiller à nouveau les soupçons qui pèsent sur la sprinteuse américaine et son compagnon, le sprinter Tim Montgomery.

Si les avocats de la triple championne olympique ont admis que le chèque provenait du compte de leur cliente, ils ont nié, en revanche, le fait qu'elle l'ait signé et donc autorisé son encaissement. D'après le quotidien new-yorkais, l'existence de ce chèque, qui établit un lien entre l'athlète et le laboratoire éclaboussé, expliquerait pourquoi Marion Jones avait été appelée à témoigner par le grand jury fédéral chargé d'enquêter sur cette affaire.

La sprinteuse, qui à 28 ans, a fait son retour à la compétition en février après un congé maternité de quatorze mois, et continue de clamer son innocence. «Je n'ai jamais signé un chèque pour Balco. J'ai confiance en la procédure judiciaire. Je suis sûre que mon nom sera blanchi dans un futur proche. Le problème c'est que j'ai témoigné devant un grand jury et que, malheureusement, pour les médias cela revient à être considéré comme coupable», a-t-elle déclaré samedi à Philadelphie (Pennsylvanie) après avoir brillamment remporté le relais 4x100 m et le relais 4x200 m lors de l'épreuve des Penn Relays. De toute évidence, Marion Jones ne laisse pas ces accusations porter ombrage à sa préparation pour les Jeux d'Athènes où elle vise à nouveau cinq médailles.

«Je vous garantis qu'à la fin de la procédure judiciaire en cours, il sera clair que Marion n'a jamais signé ce chèque», a déclaré Rich Nichols, l'un des avocats de l'athlète refusant toutefois de dire qui l'avait signé. Le New York Times révèle que «selon deux personnes – réclamant l'anonymat – bien informées sur cette affaire, le fameux chèque porterait la signature de C. J. Hunter, l'ancien mari de la championne, injoignable vendredi soir». Ce dernier avait été positif à la nandrolone avant le début des Jeux olympiques de Sydney.

Ce chèque d'un montant 7350 $, déposé le 8 septembre 2000, soit une semaine avant le début des JO, représente la somme la plus importante qui ait été versée sur le compte personnel du patron du laboratoire, Victor Conte. En tout, ce dernier aurait encaissé au total quarante chèques provenant de divers athlètes professionnels, en échange de stéroïdes.

Dans son édition de dimanche, le San Francisco Chronicle a fait à son tour des révélations. Dans ses colonnes, le quotidien californien, citant des sources aussi anonymes et impliquées dans l'affaire, écrit que Victor Conte a affirmé à la justice que Marion Jones et Tim Montgomery avaient reçu de la testostérone et un stéroïde indétectable connu sous le nom de the clear en échange de publicité pour le ZMA, un complément alimentaire à base de zinc et de magnésium. Or, l'avocat de Victor Conte a démenti le fait que son client ait cité des noms d'athlètes devant la justice américaine. Quant aux avocats de Marion Jones, ils ont déclaré que leur cliente n'avait eu aucun accord de publicité de ce genre et n'avait jamais acheté de ZMA ou quelque autre produit du laboratoire Balco, mais qu'elle avait utilisé du ZMA que l'on trouve en pharmacie.

Une chose est sûre: le long feuilleton de l'affaire Balco, l'un des plus grands scandales touchant le sport américain, n'est pas prêt d'être terminé.