On avait presque failli les oublier. La saison parfaite de Rafael Nadal sur terre battue avait fini par occulter ses problèmes de genoux et les doutes qu’ils soulèvent quant à la longévité de son nouveau rang de numéro un mondial. Mais samedi, au détour d’un match que l’Espagnol a remporté dans la douleur 6-4, 4-6, 6-7, 6-2, 6-3 face à l’Allemand Philipp Petzschner, la réalité est venue frapper à la porte comme une piqûre de rappel. Le Majorquin n’est toujours pas débarrassé de ses maux récurrents qui hypothèquent l’épanouissement total de son insondable talent.

Cela remonte à Miami. A sa demi-finale perdue contre Andy Roddick. Il n’avait rien dit. «Je ne voulais pas donner l’impression de me trouver des excuses», raconte Nadal. Il poursuit: «Maintenant je peux dire que j’ai eu un problème également à Monte-Carlo. J’ai joué avec une légère douleur au genou gauche. Ensuite, je ne suis pas allé à Barcelone parce que, entre Monte-Carlo et Rome, j’ai subi un traitement, un nouveau traitement, à mon genou gauche. Il s’est avéré efficace puisque je n’ai plus de problème à gauche. J’ai essayé de faire une saison parfaite sur terre battue parce que c’était mon principal objectif cette saison. Même si je savais que mes genoux ne sont pas remis à 100%, le droit se portait bien. Mais maintenant, je vais devoir lui faire subir le même traitement que le gauche.» D’où sa décision de renoncer à participer à la rencontre de Coupe Davis France-Espagne à Clermont-Ferrand les 9, 10 et 11 juillet prochain.

Soigné après Wimbledon

Nadal confie s’être entretenu il y a quelques jours avec le capitaine de l’équipe et le président de la Fédération espagnole. Il leur a fait comprendre qu’il souhaitait mettre toutes ses chances de son côté pour l’US Open. «Je leur ai expliqué que je n’arrivais jamais en forme à ce tournoi. Il y a deux ans, j’étais crevé après les Jeux olympiques et l’an dernier j’avais ma blessure abdominale. Je dois traiter mon genou après Wimbledon. Si je le fais après la Coupe Davis, je n’aurai pas le temps de récupérer à temps. Or je veux pouvoir jouer à 100% à New York. Mon but pour la fin de la saison étant de conserver ma place de numéro 1.»

Ce que le numéro un mondial ne dit pas, c’est si la gêne apparue samedi sur le court peut le handicaper pour la suite du tournoi londonien: «Je ne sais pas dans quelle mesure mon genou est mal en point. Aujourd’hui, j’ai pu terminer le match. On verra comment je me sens demain. Je suis ici pour essayer de jouer de mon mieux et de rester le plus longtemps dans le tournoi. Je ne suis pas angoissé à l’idée de devoir me retirer. Cela ne va pas se passer.»

Samedi, lors de son match difficile contre Petzschner, Nadal a demandé une pause et fait venir un physio sur le court. Ce que l’Allemand a déploré par la suite devant la presse, affirmant que ça l’avait déconcentré. Petzschner a même laissé entendre que le numéro un mondial avait joué l’intox, estimant que ce dernier courait à nouveau comme un lapin après la pause et aurait encore pu jouer deux ou trois sets. «Il peut penser ce qu’il veut, mais pas une seule fois dans ma carrière, j’ai fait venir un physio sur le court sans raison, se défend l’Espagnol. Si je l’ai appelé, c’est parce mon genou me faisait mal. J’avais le quadriceps très contracté et j’avais besoin de le détendre pour permettre au genou d’être moins sollicité.»

Malgré cette nouvelle alerte, Rafael Nadal se veut rassurant quant à la suite de sa carrière. «Je ne suis pas inquiet car je sais ce que j’ai au genou. Ce n’est pas quelque chose de nouveau. Je sais ce que je dois faire pour guérir complètement, je n’ai juste pas eu le temps de m’en occuper avant de venir ici. Avec ce nouveau traitement, mon genou gauche fonctionne parfaitement bien, j’espère qu’il en sera de même avec le droit.»