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La dernière apparition de Novak Djokovic sur un court cette saison, le 12 juillet à Wimbledon. Le Serbe veut prendre le temps de se soigner.

Tennis

Novak Djokovic préfère en garder sous le coude

Un an jour pour jour après Roger Federer, le Serbe prend la même décision: mettre fin à sa saison. Pour se soigner et, il l'espère, pour le même résultat: se relancer complètement en 2018

Les passionnés de tennis n’ont pas manqué de remarquer la coïncidence. Un an jour pour jour après Roger Federer, Novak Djokovic a annoncé mercredi, un 26 juillet, qu’il mettait un terme à sa saison pour soigner des douleurs au coude. Le Serbe en reste donc à un abandon le 12 juillet en quart de finale de Wimbledon contre Tomas Berdych. Juste avant, il avait remporté à Eastbourne le seul titre d’une saison très en deçà de ses standards habituels.

L’annonce de Federer, à quelques jours du début des Jeux olympiques de Rio, avait surpris tout le monde. Celle de Novak Djokovic était plus attendue. La veille, les médias serbes annonçaient que le champion allait s’exprimer publiquement. Dans cette conférence de presse retransmise en direct sur Facebook, le numéro 4 mondial a expliqué sa décision. «Mon coude est abîmé d’avoir trop joué, et cela me gêne constamment, notamment au service et sur mon revers. Cette blessure se soigne avec du repos, tous les spécialistes consultés s’accordent sur ce point. J’ai rarement été blessé, et je crois que je n’ai pas manqué le moindre tournoi du Grand Chelem pendant plus de dix ans [en fait depuis l’Open d’Australie 2005]. J’en suis fier, mais cette série prend fin. Aujourd’hui, je me concentre sur ma rééducation.»

Comme un congé sabbatique

Il manquera donc l’US Open, où il fut sept fois finaliste (pour deux victoires), la dernière fois l’an dernier, battu par Stan Wawrinka. La fin d’un long train de 51 participations consécutives en Grand Chelem (12 titres).

Il manquera également fin septembre la demi-finale de Coupe Davis à Lille contre une France décidément bien vernie (la bande à Noah affrontera la Serbie sans Djokovic après avoir battu le Japon sans Kei Nishikori et la Grande-Bretagne sans Andy Murray). «Djoko» avait en revanche déjà annoncé sa non-participation à la Laver Cup, cette «Ryder Cup du tennis» que Roger Federer et son agent Tony Godsick lancent cette année à Prague.

S’il n’y a pas de raison de douter de la blessure de Novak Djokovic (son coude l’avait déjà poussé à renoncer au tournoi Masters 1000 de Miami en avril), une phrase prononcée mercredi interpelle: «Ce break me permettra de prendre le temps de travailler certains aspects de mon jeu que je n’avais pas eu le temps de perfectionner auparavant.»

Impossible de ne pas faire de nouveau le rapprochement avec Federer. En février, dans une interview exclusive accordée au Temps, le Bâlois expliquait comment ses cinq mois de pause lui avaient permis de travailler son revers et d’enfin exploiter tout le potentiel de sa nouvelle raquette adoptée en 2014. C’est ce que recherche Djokovic: prendre le temps d’étudier son jeu, comme un universitaire prenant un congé sabbatique pour développer ses recherches.

Au terme de Wimbledon: Et à la fin, c’est Roger Federer qui gagne

Federer a-t-il créé une mode?

A Wimbledon, Stan Wawrinka était parti avec une blessure au genou, une élimination au premier tour et la promesse de ne pas revenir sur un court avant d’être guéri. Andy Murray, sorti de son quart de finale en boitant, se plaignait de la hanche. Sa fin de saison est toujours incertaine. «Il n’est pas sûr de participer à l’US Open», a admis cette semaine sa mère, Judy Murray.

Habitués à serrer les dents, Djokovic, Wawrinka et Murray, tous blessés, tous trentenaires, ont vu Roger Federer et Rafael Nadal revenir plus forts après une longue pause. Forcément, cela donne des idées. Pour l’ATP, le risque est grand que les têtes d’affiche se fassent désormais plus rares sur le circuit. A Wimbledon encore, Roger Federer se défendait de créer une mode. «Ce n’est pas parce que j’ai fait un break qu’ils doivent tous faire un break. Les situations sont différentes. Je suis plus âgé, j’ai quatre enfants et, surtout, je n’avais pas le choix: je devais m’arrêter. Pour moi, c’était la bonne décision, mais ça ne doit pas devenir un trend

Durant son absence, Novak Djokovic tombera aux alentours de la 15e place au classement ATP. Pas grave, l’essentiel pour lui est de «continuer à jouer pendant plusieurs années et gagner des trophées». Toujours avec l’aide d’Andre Agassi. «Il soutient ma décision et va m’aider à rebondir.»

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