Déprimé, Lausanne s'en remet à Martin St. Louis, son renfort providentiel. La star canadienne fera ses débuts samedi. Avant elle, 22 grévistes de la National Hockey League (NHL) ont trouvé asile sous nos latitudes; 279 au total sur le continent, dont une majeure partie en Russie. «Les budgets de 35 millions de dollars y sont devenus fréquents, expose René Fasel, président de la fédération internationale. La Suisse arrive en deuxième position des championnats les plus lucratifs, mais loin derrière la Russie.» Cas d'école: Kazan a subtilisé Vincent Lecavalier à Genève-Servette pour un million de dollars net.

En Suisse, les stars de NHL vendent du rêve à bon marché. L'accord porte sur un logement, un véhicule et une prime de match qui, en général, oscille autour de 2500 francs l'unité. Tout compris, le coût n'excède pas celui d'un international suisse. Conséquence: les patinoires enregistrent une hausse sensible de leurs affluences, à commencer par Berne et Davos (+1600 spectateurs), où évoluent trois joueurs de renommée mondiale.

Tout indique que la saison de NHL ne reprendra pas. Le désaccord est profond. D'un côté, les clubs souhaitent limiter leur masse salariale à 38 millions de dollars. De l'autre, le syndicat des joueurs s'oppose au principe fondamental d'un plafonnement. L'heure est grave. La saison dernière, la perte cumulée des 30 franchises – dont trois au moins sont menacées de faillite – a atteint un demi-milliard de francs. En dix ans, date du dernier lock-out, les salaires ont connu une inflation de 252%, tandis que les recettes n'ont progressé que de 162%…